Avec la prochaine obligation de réemploi des emballages professionnels, le taux de plastique recyclé utilisé en France est censé passer de 25% en 2025 à 50% en 2030.
À l’instar de la société de Touraine Embipack, les entreprises de la filière du recyclage plastique attendent avec impatience l’extension de la « Responsabilité Elargie des Producteurs (REP) » aux emballages professionnels. Son application, retardée de six mois, doit permettre au secteur de retrouver de l’allant.
Dans un contexte économique difficile depuis 2023, dû notamment à la concurrence des plastiques vierges asiatiques vendus parfois moins cher que les polymères européens recyclés, la filière française comptait retrouver des couleurs grâce à une loi, la « Responsabilité Elargie des Producteurs (REP) » bâtie sur le principe du pollueur-payeur.
Celle-ci devait, au 1ᵉʳ janvier 2026, étendre aux emballages professionnels l'obligation de recycler le plastique. Concrètement, avec cette REP, s'instaurera l’obligation pour les industriels plasturgistes de réemployer des contenants d’occasion ou d’utiliser un quota de grains de polymères issus du recyclage pour les nouveaux produits fabriqués.
Mais la filière devra encore attendre six mois, soit en principe le 1er juillet 2026, pour la mise en application du décret ministériel pris en novembre dernier. Les causes de ce retard tiennent essentiellement au processus de sélection des eco- organismes agréés par l'État. Citeo et Twiice seraient pour l’instant sur les rangs pour opérer la nouvelle REP.
Travail en sous-capacité
L’application du principe « pollueur-payeur » dans le cadre de la Responsabilité Elargie des Producteurs (REP), appliquée depuis le début de années 2000 aux emballages alimentaires, concernera donc aussi d’ici à court terme les bidons, les containers, et les fûts.
Même prise avec retard, la nouvelle REP changera la donne pour les sociétés de la filière du recyclage du plastique. « Conséquence des fluctuations sur le marché mondial du plastique, la trentaine d’acteurs français de toute taille au plan national, des PME aux géants comme Suez, Véolia et Paprec, travaille en sous-capacité depuis deux ans, précise Sébastien Malangeau, directeur du Syndicat national des régénérateurs de matières plastiques (SRP). Ainsi, elles n’ont traité cette année que 625 000 tonnes de plastiques au lieu d’un million avant 2023. Cette baisse de 30% devrait être comblée progressivement à partir du second semestre 2026 grâce à l’apport de nouvelles quantités à recycler ».
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