La société Polytopoly, qui opère une plateforme digitale de revente de plastique recyclé aux industriels, table sur la qualité pour se différencier des géants du secteur, Veolia, Paprec et Suez. Dans un contexte règlementaire très favorable, elle vient de lever plusieurs millions d’euros. Explications.Le négociant en ligne de plastique recyclé Polytopoly a fait entrer courant décembre dernier quatre investisseurs dans son tour de table. Il s'agit en premier lieu de trois acteurs industriels du secteur du recyclage des polymères qui ont abondé à hauteur de plusieurs millions d'euros, selon Marine Charrier, cofondatrice de la société basée à Orléans. Le nouveau fonds régional Centre-Val de Loire investissement a également investi dans Polytopoly. Ce n'est pas un hasard si la startup séduit les apporteurs de fonds.
L'utilisation accrue de plastique recyclé par les industriels constitue une priorité à la fois de l'Union européenne et de la France. Une directive de Bruxelles de 2019 a ainsi fixé à 25% la part de polymère usagé notamment dans la fabrication des bouteilles d'ici 2025. La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) datant de 2020 a encore enfoncé le clou avec un objectif de 100% de plastique recyclé en France également en fin d'année prochaine.
Polytopoly, qui tient son nom au polymère, principal composant des matières plastiques, a été créée en 2018 par Marine Charrier, ex-recruteuse, et Edouard Garreau, ingénieur chez Général Electric Power. La réflexion de départ du duo s'appuyait sur le constat suivant. Matière première incontournable pour la compétitivité et la décarbonation de notre industrie, le plastique recyclé reste d'un approvisionnement compliqué et peu fluide pour les industriels concernés, à savoir la plasturgie, l'automobile ou encore l'aménagement urbain.
A partir d'un « sourcing » en amont auprès des recycleurs européens de plastique, la plate-forme numérique Polytopoly propose au contraire à ses clients des produits de qualité standard, certifiés par son propre laboratoire. « Dans notre esprit, cette caractérisation scientifique et la création de données fiables constituait dès le départ un atout concurrentiel indéniable, assure Marine Charrier. Les industriels sont ainsi assurés d'acheter la même qualité de matières plastiques recyclés pour tous leurs sites de production ». La dirigeante, qui reste discrète sur les indicateurs de la société et l'identité de ses clients, affirme avoir ainsi commercialisé en 2022, 2.000 tonnes de plastique, essentiellement sous forme de billes, représentant un chiffre d'affaires de 2,5 millions d'euros.
A Tours, Guillaume Fischer