Dans son usine à Angers, le fabricant de camions veut relever un défi : produire en série un véhicule militaire complet au cœur d’une ligne dédiée traditionnellement aux véhicules civils. Un exercice d’agilité industrielle dans un contexte de besoins croissants des armées.
Depuis 5 heures du matin, les ateliers de Scania Production Angers tournent à plein régime. Sur la ligne d’assemblage longue de 813 mètres, 600 opérateurs se relaient au rythme d’un temps de cadence de 7 minutes 48 pour produire des camions de transport. Ici, chaque geste est calibré.
Parmi les 95 camions assemblés aujourd’hui, un modèle attire l’attention : le Vampire, un porteur 4x4 militaire. Dans cet univers dominé par les véhicules civils, seuls 16 opérateurs sont spécifiquement dédiés à ces modèles.
À première vue, rien ne distingue ce véhicule des autres châssis. Et pourtant, c’est bien là tout l’enjeu : « intégrer un véhicule militaire complet sur la ligne civile, sans compromis », souligne Vincent Durnerin, directeur SPAD (Scania Public and Defense) chez Scania France. Conçu comme un véhicule de défense sol-air modulaire, le Vampire peut accueillir jusqu’à cinq soldats et embarquer missile, radar ou système anti-drone.
Mais derrière cette base civile, il aura fallu 18 mois de recherche et d’adaptation pour rendre le véhicule compatible avec l’outil industriel. Car le Vampire ne se limite pas à un simple dérivé du camion civil. Il intègre près de 400 références spécifiques à ce modèle.
L’usine a donc ajusté son organisation : création d’une boucle dans le flux, nouvelles nomenclatures et postes dédiés. Le tout sans transformation lourde. Les investissements ont porté sur des équipements de montage et de levage mais « 90 % des installations étaient déjà adaptées ».
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