Trois jours après la clôture du Congrès des Maires, le président de l’Association des Maires de France redit combien il est urgent de redonner de la liberté – et du pouvoir d’agir – aux Premiers magistrats. Et se dit attentif à la promesse de méga-décret avant Noël promis par Sébastien Lecornu.D’un point de vue données chiffrées, le Congrès des Maires a été un succès, d’affluence, déjà puisque 13 000 d’entre eux, sur les 34 000 Premiers magistrats de l’Hexagone ont fait le déplacement Porte de Versailles. Des édiles venus des quatre coins de la France métropolitaine et ultra-marine, pour qui ce rassemblement revêt forcément un goût particulier à près de trois mois du scrutin municipal.
« C’était un bon Congrès et un bon Salon », reconnaît David Lisnard. Le président de l’Association des Maires de France ne cache pas sa satisfaction. Et pas que pour des raisons de fréquentation, mais surtout parce que « nous avons placé les maires au centre des débats ». Comprendre, nous avons été entendus. « La finalité est de faire entendre nos positions qui peuvent être des alertes, des préconisations, parfois des revendications, toujours des propositions », ajoute celui qui est aussi maire de Cannes.
Le méga-décret : vraie promesse ou illusion ?
Et David Lisnard de revenir sur cette parole parfois peu écoutée alors que les maires, au plus proche du terrain, ont souvent identifié ces signaux faibles devenus des tendances fortes, des années plus tard. « Lorsque nous parlions, il y a quatre ans, du pouvoir agir et que l’on démontrait que nous pouvions de moins en moins agir et que cela allait créer un problème de démocratie, de vocations, on ne nous écoutait pas. Aujourd’hui, tout le monde parle dans ce pays de débureaucratisation, d’absurdité de règles dans un pays qui s’est recentralisé et qui s’est, en même temps, dispersé ».
Avec un thème rien de moins que la liberté, ce 107ème rendez-vous avait de l’ambition. Dont celle de bien redire que les maires ont besoin d’air et d’espace pour faire avec les défis qui leur incombe et que trop de réglementation tue la capacité à agir. Autant dire que le discours – et la promesse – de Sébastien Lecornu a fait son effet. « Le Premier ministre a évoqué ce que nous ne cessons de démontrer sur les conséquences extrêmement négatives de l’excès de normes. Il ne s’agit pas d’être contre la norme – il faut des normes – mais l’excès de règles et la contradiction des réglementations ont été repris officiellement dans le discours de Sébastien Lecornu. Un méga-décret qui concernerait ce sujet avant Noël ? Je prends ! ».