L’épidémie de Covid-19 refait parler d’elle. Depuis quelques semaines, le réseau Sentinelle alerte sur une recrudescence de cas, portée par un énième variant très actif en Amérique du Nord, en Asie et en Europe, mais dont les symptômes restent similaires aux précédents. Parmi eux, les fameuses anosmie, perte totale de l’odorat, ou hyposmie, son pendant partiel, lequel peut persister des années après la guérison. Ce sont les conclusions d’une étude menée par des chercheurs américains, parue le 25 septembre 2025 dans la revue JAMA Network Open, démontrant un affaiblissement de l’odorat, plus ou moins sévère, chez 80% des personnes ayant des antécédents Covid-19. La majorité d’entre-elles (66%) ne l’ont pas perçu.
Cette proportion n’étonne pas vraiment Xavier Fernandez. « On estime que les troubles olfactifs touchent entre 6 et 8% de la population mondiale. C’est colossal », relève le vice-président Innovation et Valorisation de la recherche à l’Université Côte d’Azur et professeur à l’Institut de Chimie de Nice. Spécialiste des substances odorantes, il fait partie de l’équipe pluridisciplinaire qui a mis au point le kit de rééducation olfactif Ma Madeleine, dont une étude clinique menée par le service ORL du CHU de Nice auprès d’une cohorte d’une centaine de personnes vient de valider la pertinence et la performance.