EXCLUSIF - Face aux tensions du système de santé, une étude menée par Nextep souligne l’intérêt d’élargir les missions des prestataires de santé à domicile. A la clé, des économies substantielles, chiffrées entre 250 et 630 millions d’euros.Les prestataires de santé à domicile (PSAD) sont-ils un levier sous-exploité de notre système de santé ? C’est – en creux – l’un des enseignements de l’étude menée par le cabinet de conseil Nextep à la demande de l’Union des Prestataires de Santé à Domicile Indépendants (UPSADI). Celle-ci estime entre 250 et 630 millions d’euros, les économies potentielles générées annuellement rien qu’en élargissant les missions de ces acteurs clés du virage domiciliaire tant prôné par les autorités publiques.
Peu visible, cette filière compte 2 530 entreprises (des TPE à 83%), emploie 35 000 personnes, dont plus de 5 000 professionnels de santé (infirmières, pharmaciens, diététiciens…), qui accompagnent quelque 4 millions de patients équipés d’un dispositif médical à domicile par an. Or, « chaque année depuis une décennie, nous enregistrons entre 150 et 200 millions d’euros de baisse tarifaire, alors que nous sommes une ressource particulièrement unique étant donné notre fort maillage territorial, y compris dans les déserts médicaux, nos expertises et notre bonne connaissance du public fragile auprès duquel nous sommes déjà présents », souligne Nicolas Balmelle, vice-président du syndicat. Lequel veut tenir un rôle plus affirmé au sein d’un modèle de santé à domicile qu’il s’agit de rendre plus efficient. Sans créer de nouvelles réformes, ni de structures complémentaires.
Six missions prioritaires
Pour se faire, dix nouvelles missions ont été identifiées, dont six immédiatement mobilisables car proches des activités actuelles des prestataire de santé à domicile. Celles-ci s’articulent « autour de la prévention, de la sécurisation du retour à domicile et du suivi durable des maladies chroniques », relève Alexis Sailly, du cabinet Nextep. Certaines s’appuient sur des dispositifs existants, comme les programmes ICOPE ou PRADO. Le premier, acronyme d’Integrated Care for Older People, conçu par l’Organisation Mondiale de la Santé, vise à repérer au plus tôt les premiers signaux de fragilité des personnes âgées de plus de 60 ans et de proposer un accompagnement adapté via des outils d’auto-évaluation. Lancé à l’été 2025, le dispositif repose sur les Agences Régionales de Santé, dont l’objectif est de le déployer auprès de 2 millions de personnes d’ici à 2027.