IA : Meta supprime 600 postes pour plus d'efficacité
Margot Ruault et Bogdan Bodnar

Le géant créé par Mark Zuckerberg a pris du retard sur l'IA par rapport à ses concurrents.
Alamy Stock Photo - Credit: White House Photo / Alamy Stock Photo
Margot Ruault et Bogdan Bodnar

Le géant créé par Mark Zuckerberg a pris du retard sur l'IA par rapport à ses concurrents.
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Changement de stratégie chez Meta ? La big tech américaine, propriétaire de Facebook et Instagram, va supprimer 600 postes dans l’une de ses divisions d’intelligence artificielle nommée Superintelligence Lab. Composées jusqu’ici de mille salariés, les coupes vont se porter en particulier sur l’unité de recherche « Fair AI » et les unités d’IA liées aux produits mais aussi aux infrastructures. La raison : réduire la bureaucratie au sein de la division.
« En réduisant la taille de notre équipe, moins de discussions seront nécessaires pour prendre une décision, et chaque personne aura plus de responsabilités, plus de latitude et plus d'impact », a écrit Alexandr Wang, directeur de l'IA chez Meta, dans une note interne, rapporte le média Axios.
En clair, l’entreprise réorganise la branche pour plus d’efficience. Meta a indiqué que les employés touchés pourraient rester, en postulant à un autre poste. « Il s’agit d’un groupe de personnes talentueuses, et nous avons besoin de leurs compétences dans d’autres secteurs de l’entreprise », a même déclaré Alexandr Wang. Sur X ou encore LinkedIn, les chercheurs remerciés ont publié des posts, se disant ouvert à de nouvelles opportunités. « J’ai été touché par les licenciements chez Meta aujourd’hui, n’hésitez pas à me contacter », peut-on lire dans un post sur X.
Cet été, Meta avait pourtant annoncé des investissements massifs dans cette branche IA. De l’ordre de « centaines de milliards de dollars » avait même commenté Mark Zuckerberg. L’entreprise a également acheté presque la moitié des parts de Scale AI, une entreprise qui fournit des donnés aux entreprises de l’IA, et a recruté son ancien PDG cité plus haut, Alexandr Wang, pour piloter le Superintelligence Lab.
Elle s’est aussi permis d’offrir des rémunérations de plusieurs centaines de millions de dollars et est allée débaucher des talents chez ses concurrents comme Apple ou encore OpenAI tel que Shengjia Zhao, un ancien de la start-up de Sam Altman, en tant que nouveau directeur scientifique de la nouvelle division IA.
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Le géant créé par Mark Zuckerberg a pris du retard sur l’IA par rapport à ses concurrents. Son dernier modèle, Llama 4, lancé quelques mois plus tôt, n’a pas eu le succès escompté. L’entreprise mise désormais sur la « superintelligence », une IA supérieur qui dépasserait l’intelligence des humains. « Les Gafam se sont vite retrouvés dépassés par des start-up comme Open AI, et investissent pour rattraper leur retard. Mais quand les résultats ne sont pas au rendez-vous ils débranchent une unité. Le plus inquiétant ici est qu’ils débranchent de la R&D », commente Arno Pons, délégué général du Digital New Deal, un think tank sur le numérique.
De quoi remettre en question la stratégie IA du groupe ? Dans la note de service, Wang se montre optimiste, rapporte Axios : « Je suis confiant dans notre cheminement vers la superintelligence », a-t-il écrit. Et cette restructuration est dans la continuité du virage qu’a pris Mark Zuckerberg pour redresser sa branche IA.
Meta a annoncé également cet été des investissements colossaux dans les infrastructures pour l’IA, notamment des centres de données. Mark Zuckerberg met aussi au cœur de sa stratégie les lunettes connectées et pense qu’elles remplaceront à terme le smartphone. Courant septembre, il a présenté une paire de lunettes disposant d’un écran et de fonctionnalités IA.
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« On estime que cette vague de licenciements équivaut, en volume, au nombre total d’employés d’un constructeur automobile de la taille de Renault dans le monde. Pour nous, Européens, cela semble astronomique. Pour eux, c’est presque inscrit dans leur ADN. Tout démanteler pour tout reconstruire, investir des milliards à perte, c’est l’une des lignes directrices de la Silicon Valley, où l’essentiel est de croire en ses convictions », nous rappelle Cyril Vart, associé chez EY Fabernovel et coauteur du dernier rapport sur les Gafam, GAFAnomics.
Margot Ruault et Bogdan Bodnar