« Une attaque frontale contre Google » : après Perplexity, OpenAI dévoile son navigateur boosté à ChatGPT

La start-up américaine Open AI a présenté mardi son nouveau navigateur "ChatGPT Atlas".
/FW1FP/Sonia Cheema - REUTERS - REUTERS - Dado Ruvic

La start-up américaine Open AI a présenté mardi son nouveau navigateur "ChatGPT Atlas".
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Google Chrome va-t-il bientôt se faire détrôner ? La start-up américaine OpenAI a présenté mardi son nouveau navigateur « ChatGPT Atlas ». Un navigateur où l’agent conversationnel ChatGPT est disponible grâce à une barre latérale lorsque l’utilisateur effectue ses recherches sur le Web. Pour le moment, il n’est disponible que sur macOS d’Apple.
« Avec Atlas, ChatGPT peut vous accompagner partout sur le Web, vous aider dans la fenêtre où vous vous trouvez, comprendre ce que vous essayez de faire et accomplir des tâches pour vous, le tout sans copier-coller ni quitter la page », indique la start-up.
Le navigateur propose également d’autres services : lorsque l’utilisateur surligne du texte, une petite fenêtre apparaît également pour lui venir en aide. Mais c’est surtout l’agent ChatGPT, disponible aux abonnés, qui risque de faire de l’ombre aux navigateurs classiques.
L’agent peut effectuer des tâches sur demande comme réserver un hôtel ou faire une recherche particulière et interagir directement avec les sites. « Un navigateur intégrant ChatGPT nous rapproche d’un véritable super assistant qui comprend votre univers et vous aide à atteindre vos objectifs », pointe ainsi l’entreprise de Sam Altman.
Le lancement d’Atlas, « c’est bien une attaque frontale contre Google pour récupérer un maximum d’utilisateurs et créer des habitudes », estime Cyril Vart, associé chez EY Fabernovel. Pour lui, la guerre ne porte pas sur les navigateurs, c’est surtout une des batailles pour récupérer des points d’entrée sur le Web. « OpenAI essai de rentrer sur tous les points d’entrée possibles, jusqu’à obtenir un réseau d’utilisateur assez important », complète-t-il.
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Mais OpenAI n’est pas la seule entreprise du secteur à avoir lancé son navigateur. D’autres navigateurs IA sont également sortis comme Copilot pour Microsoft Edge, ou encore Dia pour The Browser Company. Perplexity, autre start-up américaine, a introduit en juillet Comet. Jusqu’ici disponible en échange de 200 dollars par mois, il est désormais accessible gratuitement à tous.
Les start-up dans l’IA veulent créer leur propre écosystème comme les big tech : avoir un navigateur, un moteur de recherche, une application de visioconférence… Dans ce contexte, la start-up avait même fait cet été une offre à Google pour racheter le navigateur Chrome. Le géant avait été jugé coupable de pratiques illégales et le ministère de la Justice demandait la vente de Chrome par Google. Finalement, cette sanction n’a pas été appliquée.
Mais est-ce que ce sera suffisant pour détrôner les plus de 60 % de parts de marché de Google Chrome ? Derrière le géant, Safari d’Apple représente environ 20 % du marché et Microsoft Edge environ 5 %. De son côté, Google n’a pas encore baissé les armes puisqu’il mise sur son assistant IA Gemini qu’il a intégré récemment à Chrome et à des services comme Google Agenda ou Docs.
L’enjeu sera également de monétiser ces nouvelles fonctionnalités. Pour rappel, si OpenAI est valorisée à plus de 500 milliards de dollars, la start-up n’est pas encore rentable et n’envisage pas de l’être avant 2029. Pour commencer, l’Agent IA du navigateur est également disponible uniquement via à un abonnement payant.
« Comme Google, Atlas va capter le marché de l’intermédiation publicitaire et marchande », argue l’expert. Et ils vont surtout récupérer des données clients. « Des données qui vont aussi servir pour entraîner les LLM (des modèles de langages qui ont besoin de grandes quantités de données, NDLR) », complète-t-il.
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Il n’empêche, entre Google et OpenAI, les ordres de grandeurs ne sont pas les mêmes. Le premier compte plusieurs milliards d’utilisateurs, alors que le second en a des centaines de millions. Mais la stratégie se ressemble, estime l’expert. « La start-up essaie dans un premier temps d’avoir le maximum d’utilisateurs donc rend sa technologie facilement accessible, et une fois qu’elle atteindra une masse critique, elle pourra petit à petit devenir payant ». Avant de conclure : « C’est une bataille très intéressante à observer, car les Gafam, qu’on pensait indétrônable, sont désormais tous inquiets et c’est la première fois qu’on voit ce niveau d’ambition chez une start-up ».
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