La Norvège est-elle devenue le nouvel eldorado mondial des data centers ?
Amélie CHARNAY
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(Photo d'illustration.)
Voyagerix/stock.adobe.com
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La Norvège sera-t-elle bientôt aussi connue pour ses data centers que pour ses fjords et ses saumons ? Elle en prend le chemin en tout cas. Microsoft annonce cette semaine avoir sécurisé des capacités de calcul haute performance pour l’intelligence artificielle près du port de Narvik, dans le nord du pays scandinave. Il a signé un accord d’une valeur de 6,2 milliards avec la coentreprise locale détenue par Nscale, une société d’infrastructures britannique, et Aker, un acteur local de l’énergie.
Cette infrastructure sera opérationnelle à partir de 2026, au moment et sur le lieu même de la mise en service du projet Stargate Norway d’Open AI, un autre géant américain. Un site surpuissant de 500 mégawatts (MW) destiné à entraîner des modèles d’intelligence artificielle. Cerise sur le gâteau, Google a acheté un terrain près de Skien, dans le sud du pays, et investit 600 millions d’euros pour une capacité de 240 MW consacrée à ses services de cloud.
L’attractivité de la Norvège est assez récente. Et contrairement à une idée reçue, elle n’est pas due à son climat rigoureux, même s’il permet de réaliser des économies pour refroidir les serveurs. C’est en 2021, en pleine pandémie et sous l’effet du développement du cloud qu’elle est devenue soudainement une terre d’élection. L’essor rapide de l’intelligence artificielle a ensuite accéléré la tendance à partir de 2023, à la fois pour l’utilisation et l’entraînement des modèles. Désormais, les prévisions s’affolent. La consommation énergétique des data centers devrait décupler d’ici 2040, d’après une étude du Norwegian Data Center Industry qui représente les intérêts du secteur. Et les capacités du pays pourraient être multipliées par 12 d’ici à 2050. Un sacré revirement.
« Avant, tout le monde ne jurait que par les Flap (Francfort, Londres, Amsterdam, Paris). Il fallait absolument installer les data centers près de ces mégalopoles riches, de leurs populations et leurs entreprises », nous explique le patron de la Norwegian Data Center Industry, Bjorn Ronning, depuis la capitale Oslo. « Mais les terrains y deviennent rares et chers et les acteurs se reportent sur des marchés secondaires comme le nôtre. »
Amélie CHARNAY