Elon Musk convoqué par le parquet de Paris après une perquisition chez X
latribune.fr
A Londres en janvier 2026, une campagne d'affichage organisée par l'association de défense des consommateurs britannique Eko exhortant le Premier ministre à s'opposer à Elon Musk et à interdire les produits X et Grok.
/FW1FP/Louise Heavens - REUTERS - Maja Smiejkowska - Maja Smiejkowska
Le réseau social X, propriété d’Elon Musk, a fait l’objet d’une perquisition à Paris dans le cadre d'une enquête pénale portant sur ses algorithmes et son assistant d’IA Grok. Des auditions de ses dirigeants sont prévues en avril.
Le réseau social X, propriété d’Elon Musk, se retrouve au cœur d’une enquête judiciaire en France. Le parquet de Paris a annoncé mardi qu’une perquisition avait été menée au siège parisien de la plateforme, dans le cadre d’investigations portant notamment sur ses algorithmes et sur le fonctionnement de son assistant d’intelligence artificielle, Grok.
Cette opération a été « diligentée dans les locaux français de X par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris » avec l’appui d’une unité spécialisée de la gendarmerie nationale et d’Europol, l’agence européenne de police criminelle, selon un message publié par le parquet. Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès du groupe détenu par Elon Musk.
Des dirigeants convoqués en avril
En parallèle des perquisitions, le parquet a adressé des convocations à Elon Musk, propriétaire de X depuis son rachat en 2022, ainsi qu’à Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de la plateforme. « Des convocations aux fins d’auditions libres le 20 avril 2026 à Paris ont été envoyées à monsieur Elon Musk et à madame Linda Yaccarino, en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits », précise ainsi le communiqué.
Le parquet ajoute que « des salariés de la plateforme X sont également convoqués la semaine du 20 au 24 avril 2026 pour être entendus en qualité de témoin. Les auditions libres des dirigeants doivent leur permettre d’exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise en conformité envisagées. »
Ces auditions, organisées dans le cadre d’une procédure dite « libre », n’impliquent pas à ce stade de mise en examen mais traduisent une volonté des autorités judiciaires d’entendre les principaux responsables de la plateforme sur ses pratiques et ses dispositifs de contrôle.
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Une enquête élargie à Grok
L’enquête trouve son origine dans deux signalements reçus en janvier 2025, initialement liés à des algorithmes jugés biaisés. Depuis, le périmètre des investigations s’est élargi à d’autres signalements, notamment en lien avec le fonctionnement de Grok, l’intelligence artificielle développée par X. Selon le parquet, l’assistant est accusé d’avoir « conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère sexuel ».
Les infractions examinées sont lourdes. Le parquet dresse une liste comprenant notamment « complicité de détention d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique », « contestation de crime contre l’humanité », ou encore « administration d’une plateforme en ligne illicite en bande organisée ».
Un risque juridique et réputationnel
Pour X, déjà confronté à des pressions réglementaires croissantes en Europe dans le cadre du Digital Services Act (DSA), cette procédure judiciaire représente un risque juridique et réputationnel significatif. Les griefs évoqués, s’ils étaient confirmés, pourraient exposer la plateforme à des sanctions pénales et financières substantielles, mais aussi à un durcissement des exigences de conformité imposées par les autorités françaises et européennes.
Les auditions prévues en avril 2026 devraient permettre de clarifier la position de la direction de X et les éventuelles mesures correctives envisagées. D’ici là, l’enquête se poursuit sous l’autorité du parquet de Paris.