Réunis à Bercy, les ministres du Numérique respectifs des pays du G7 ont scellé un accord majeur pour contraindre les plateformes à protéger la santé mentale des mineurs. Si Paris salue une victoire politique face aux dérives des grandes plateformes, le front environnemental pâtit en revanche de débats sans fin avec Washington.
Fini l’ivresse des premières requêtes envoyées aux agents d’intelligence artificielle, place aux responsabilités pour éviter la gueule de bois. Le « G7 numérique », qui s’est tenu ce 29 mai à Paris au ministère des Finances, s’est conclu par une « victoire » d’après Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'IA et du Numérique, qui a présenté une série d’engagements pris par les États présents.
Les représentants respectifs en charge des politiques technologiques de sept puissances mondiales — France, États-Unis, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada, Japon — ainsi que l'Union européenne, ont adopté une déclaration commune articulée autour de quatre priorités : la sécurité et la gouvernance de l’intelligence artificielle, la diffusion de l’IA et l'innovation dans l’économie (notamment pour les PME), la résilience et la durabilité du numérique, et enfin la protection des mineurs en ligne.
C'est sur ce dernier point que les promesses sont les plus engageantes, et c'est là qu'Emmanuel Macron et Anne Le Hénanff avaient investi le plus de capital politique depuis l'ouverture de la présidence française de ce G7. L'ambition affichée est de contraindre les grandes plateformes de réseaux sociaux à assumer leurs responsabilités.
La santé des plus jeunes au cœur des engagements du G7
Les pays signataires ont ainsi adopté un « Recueil de principes communs » qui reconnaît explicitement que « les fonctionnalités de certains services numériques visant à maximiser l'attention et l'engagement des utilisateurs menacent la santé physique et mentale des mineurs en induisant des comportements addictifs ». Les scroll infinis, les notifications nocturnes et les algorithmes addictifs des TikTok, Instagram et leurs pairs sont directement dans le viseur, sans être explicitement nommés.
Quatre engagements concrets sont énoncés : l’obligation de vérification de l'âge pour bloquer l'accès des mineurs aux services illicites ou préjudiciables, la sécurité dès le dévéloppement d’un service, l’interdiction absolue des contenus pédopornographiques générés par IA et enfin, des outils fournis aux mineurs eux-mêmes pour gérer leur temps d'écran et identifier les contenus synthétiques. Le texte souligne par ailleurs que ces risques frappent de façon disproportionnée les filles et les jeunes femmes.
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