Le suisse SealSQ est entré en négociations exclusives avec la deeptech iséroise Quobly. Grâce à ses acquisitions, la société cotée au Nasdaq entend construire une alternative souveraine aux solutions américaines. Un enjeu crucial dans le nouvel ordre géopolitique actuel imposé par Donald Trump.SealSQ trace discrètement son sillon en France. Le spécialiste suisse des semi-conducteurs, de cryptographie et de la sécurité post-quantique, filiale de WiSeKey, a annoncé vouloir prendre une part majoritaire dans la deeptech quantique Quobly. Un rapprochement qui suit de quelques mois l’annonce d’une collaboration entre les deux organisations et l'acquisition récente d'une autre pépite iséroise, IC'Alps, spécialisée dans la conception de circuits intégrés spécifiques.
L'entrée de SealSQ au capital de Quobly s’accompagnerait d’un investissement de 200 millions d’euros, majoritairement fléchés vers le développement de la société, et « le déroulement de sa roadmap très précise », souligne Carlos Moreira, président fondateur de SqealSQ. Un financement qui arriverait à point nommé alors que la deeptech a annoncé il y a un mois préparer une série A de 115 millions d'euros.
En multipliant les partenariats et les acquisitions, la société SealSQ Corp, cotée au Nasdaq, entend « se positionner d’une façon souveraine dans la technologie quantique face à la guerre qui se joue entre les États-Unis, la Chine et l’Europe », confie Carlos Moreira. Une rivalité qui ne concerne pas seulement la création d’un ordinateur quantique mais aussi et surtout la « défense quantique », pointe le président de SqealSQ.
La sécurité post-quantique au cœur des enjeux
Car l'arrivée de l'ordinateur quantique s'accompagne d'un enjeu majeur : sécuriser les transmissions et les infrastructures. « Nous utilisons l’algorithme RSA, développé par le MIT depuis 50 ans. Nous arrivons dans une phase où la puissance computationnelle quantique pourrait - mais ce n’est pas encore le cas aujourd’hui - casser cet algorithme. Ce qui casserait tout le système financier, les hôpitaux, la défense, les centrales nucléaires… toutes les infrastructures critiques et stratégiques d’un pays », détaille Carlos Moreira. Face à ce risque, les États-Unis obligeraient déjà les entreprises à s’équiper de technologies de défense post-quantique avant 2027 via la réglementation CNSA 2.0, révèle le président de SealQ.