Son nom de code : BHT FAB. S'il ne sortira de terre qu'en 2028, ce nouveau bâtiment dédié à l'industrialisation « des start-up à haute intensité technologique » promet de faire prendre à tout l'écosystème grenoblois un nouveau virage. Car après la création du premier campus d'innovation européen en micro et nanotechnologies imaginé en 1999 par l'ex directeur du centre de recherche du CEA Leti, Jean Therme, puis d'une série de trois bâtiments (BHT 1, 2, 3) dédiés à l'accueil des start-up technologiques, le pôle Minatec annonce le lancement d'un nouveau programme immobilier dont les ambitions sont bien plus larges.
Il est en effet imaginé comme « l'acte 2 de Minatec », qui constitue lui-même déjà un pôle d'innovation au rayonnement international avec ses 3.000 chercheurs, 1.200 étudiants et 600 industriels et spécialistes du transfert technologique regroupés sur 20 hectares dont 13.000 m² de salles blanches.
Car à l'heure où l'écosystème grenoblois reste un fort pourvoyeur de deeptech [50% des créations de start-up locales sont des deeptech], la SEM Minatec a fait le constat qu'il lui restait à combler un gap en matière d'industrialisation.
Une phase critique, toujours considérée comme une « vallée de la mort » pour les start-up technologiques, compte-tenu des capitaux et de la prise de risque associée et qui nécessite à la fois de « s'inscrire sur du temps long, de pouvoir investir 150 à 200 millions d'euros dans une usine, d'obtenir les autorisations pour créer un site ICPE, de gérer de nouvelles compétences... », énumère Pierre-Edouard Cardinal, directeur général de la SEM Minatec Entreprises. Ce sont précisément ces services que Minatec Entreprises compte regrouper dans un tout nouveau bâtiment, qui sera installé à quelques kilomètres de la Presqu'île scientifique de Grenoble, sur le parc d'activité Portes de Chartreuse, à la frontière entre les communes de Saint-Egrève et du Fontanil.