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Données de santé : la France officialise le divorce avec Microsoft au profit d'Iliad

VT

Publié le 23 avril 2026 à 09:42

Damien Lucas, le patron de Scaleway, voit dans cette décision un "signal envoyé à tous ceux qui se font une certaine idée du cloud : une alternative européenne crédible et compétitive existe".

Damien Lucas, le patron de Scaleway, voit dans cette décision un "signal envoyé à tous ceux qui se font une certaine idée du cloud : une alternative européenne crédible et compétitive existe".

Scaleway / Linkedin

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Face aux risques du Cloud Act américain, l'État confie les données de santé des Français à Scaleway (groupe Iliad). C'est un tournant stratégique pour l'indépendance numérique et la recherche. La migration devrait avoir lieu début 2027.

Les informations à retenir

Pourquoi la France quitte-t-elle Microsoft pour ses données de santé ?

  • L'hébergement sur les serveurs de Microsoft exposait les données au Cloud Act américain, permettant des saisies administratives par les États-Unis.

  • Le gouvernement choisit Scaleway (groupe Iliad) pour garantir un hébergement soumis exclusivement au droit européen et certifié SecNumCloud.

  • La migration complète est prévue pour début 2027, créant un « coffre-fort » numérique souverain pour la recherche médicale française.

C’est la fin d’une anomalie qui empoisonnait le paysage numérique français depuis 2019. Le groupement d'intérêt public chargé de gérer la plateforme des données de santé (PDS) vient d’officialiser le transfert de son immense entrepôt numérique vers Scaleway, filiale du groupe Iliad (Free). Ce choix marque une rupture avec le géant américain Microsoft, dont la présence au cœur du système de santé français suscitait une méfiance permanente des autorités de contrôle.

La fin de la menace américaine sur les dossiers médicaux

Jusqu'ici, les données étaient hébergées sur les serveurs de Microsoft. Bien que physiquement situés en France, ces serveurs restaient soumis aux lois américaines, notamment le Cloud Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act). Cette législation permet à l'administration des États-Unis d'exiger la communication de données détenues par ses entreprises, n'importe où dans le monde.

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Pour la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), ce risque était inacceptable. La gardienne de nos libertés numériques a rappelé à plusieurs reprises que pour les bases de données les plus sensibles, il fallait un hébergeur « soumis exclusivement au droit européen ». Le gouvernement avait d'ailleurs annoncé dès février dernier son intention de retirer cet hébergement à Microsoft face à la pression croissante pour s'affranchir des géants américains du Web.

Scaleway : le choix de l’indépendance et de la certification SecNumCloud

En retenant Scaleway, l'État fait le pari d'un champion national. Damien Lucas, le directeur général de l'entreprise, y voit un « signal envoyé à tous ceux qui se font une certaine idée du cloud : une alternative européenne crédible et compétitive existe ».

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Pour garantir une sécurité maximale, le fournisseur a entamé dès janvier 2025 les démarches pour obtenir la qualification SecNumCloud. Ce label, délivré par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), assure que l'hébergement est protégé contre toute ingérence étrangère et exclut de fait les acteurs américains. C'est la condition qui manquait pour que la Cnil autorise enfin le transfert global des données de l'Assurance maladie vers la plateforme.

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Un moteur pour la recherche médicale de demain

Ce déménagement technique n'est pas qu'une question de symbole. C'est un déblocage majeur pour la médecine. La Plateforme des données de santé, créée par la loi du 24 juillet 2019, doit devenir une « caverne d’Ali Baba numérique » pour les scientifiques. Elle permettra d'analyser les parcours de soins sur de très longues périodes pour mieux comprendre les maladies chroniques ou l'efficacité de nouveaux traitements.

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Hela Ghariani, directrice de la plateforme, souligne que cette migration va « accélérer la mise à disposition des données de santé aux acteurs de la recherche et de l'innovation ». L'enjeu est de taille : réunir et organiser les données issues du système national des données de santé (SNDS) pour favoriser l'innovation tout en protégeant la vie privée des patients.

Vers une autonomie complète début 2027

Le processus, désormais officiellement engagé, suit une feuille de route rigoureuse pour garantir que pas un seul octet de donnée de santé ne soit perdu ou exposé durant le transfert.

L’officialisation du choix de Scaleway en avril 2026 a marqué le coup d’envoi de cette transition. Tout au long de l'année 2026, les équipes techniques se concentreront sur la migration proprement dite. Ce chantier invisible pour le citoyen consiste à transférer de manière sécurisée les flux de données massifs vers les infrastructures de la filiale d'Iliad. L'objectif est double : assurer la continuité des services pour les chercheurs tout en rodant la nouvelle architecture technologique.

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Le véritable tournant interviendra entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027. À cette période, la Plateforme des données de santé devrait être en mesure de gérer en totale autonomie une copie complète de la base principale de l’Assurance maladie (le SNDS). Ce sera le moment où la France disposera enfin de son « coffre-fort » pleinement opérationnel, affranchi de toute tutelle technologique étrangère.

Cette étape ne constitue pas seulement un succès technique ; elle marque une victoire majeure pour l’indépendance de la production numérique française. En reprenant la main sur l’hébergement de ses données les plus intimes, la France prouve qu’il est possible de bâtir des infrastructures de confiance, capables de répondre aux exigences de sécurité les plus strictes de la Cnil, sans jamais sacrifier la puissance de calcul nécessaire à la recherche médicale de pointe.

VT

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