Les données confidentielles de R&D pour les prochaines générations d’avions, le contenu confidentiel des contrats de ses clients comme ceux de ses fournisseurs, les informations sensibles liées à la cybersécurité… Airbus s’apprête à transférer dans le cloud toutes ses données ultra-critiques – relatives à ses activités civiles – qui étaient jusque-là hébergées dans ses serveurs. Un transfert à haut risque initié en janvier dernier, via un appel d’offres, qui s’achèvera d’ici cet été avec la sélection d’un ou deux heureux élus. Une gageure pour le numéro un mondial de l’aéronautique, tant ce futur cloud doit répondre à des exigences de souveraineté.
Pourquoi se lancer dans une telle migration de haut vol ? « Les fournisseurs de solutions logicielles offrent de moins en moins de solutions que l’on peut héberger dans nos data centers, ils poussent à ce que nous passions par des clouds », explique Catherine Jestin, directrice du numérique chez Airbus. Pour les SAP, Dassault Systèmes et autres Siemens, cela permet de n’avoir à maintenir qu’une seule version de leurs solutions. Et avec l’hébergement, ils accèdent en outre à un revenu supplémentaire et plus prédictible.
Pour l’heure, la grande majorité des quelque 6.000 applications informatiques d’Airbus – servant à toutes les fonctions de l’entreprise – est hébergée sur des serveurs, au sein de data centers localisés sur les sites d’Airbus, comme, par exemple, à Toulouse, Hambourg (Allemagne), Filton (Royaume-Uni), Getafe (Espagne), Montréal (Canada), Mobile (États-Unis), ou encore Tianjin (Chine). Environ 30 % de ces applications, telles Google Meet, Salesforce ou encore Skywise sont déjà hébergées dans des clouds publics.