Dans la continuité du sommet de Paris, New Delhi devrait faire la part belle aux discours autour d’une IA tournée vers l’intérêt général, et en particulier les pays du Sud, loin de la vision dérégulée portée par les États-Unis. Mais l’événement sera aussi l’occasion pour OpenAI, Google, Microsoft et consorts de pousser leur agenda dans le pays.[Article publié lundi 16 février à 9h05, mis à jour à 11h08 avec les précisions du programme de la France lors du Sommet]
11 février 2025, Grand Palais de Paris, Sommet sur l’action pour l’IA. Malaise dans l’assistance. JD Vance, fraîchement élu vice-président des États-Unis, déroule devant un parterre de chefs d’États une vision de la technologie la plus dérégulée possible. « L’avenir ne sera pas gagné en pensant à la sécurité », assène-t-il, tout en réaffirmant l’importance pour le monde que les États-Unis conservent leur avance dans la course. Son propos dénote avec les discours de ses homologues. Notamment celui de Narendra Modi, Premier ministre indien, qui plaide pour une gouvernance partagée, et une innovation pour le bien commun. Une soixantaine de pays – dont la Chine – ont signé une déclaration pour une intelligence artificielle (IA) « ouverte », « inclusive » et « éthique ». Pas les États-Unis.
Cette année, c’est New Delhi qui accueille le sommet mondial sur l’IA du 16 au 20 février. Baptisé « AI Impact », il regroupera une soixantaine de chefs d’États et de ministres. Sera-t-il le nouveau théâtre de cette fracture ?
L’Inde, pays moteur de la « troisième voie »
Les États-Unis ne le boycotteront pas : leur délégation sera menée par Michael Kratsios, en charge de la politique technologique du pays, et architecte de la stratégie IA du gouvernement présentée à l’été dernier. Pour l’Inde, mais aussi l’Europe ou encore le Canada, ce sera l’occasion d’affirmer un autre récit autour de la technologie et de réaffirmer cette « troisième voie » entre la Chine et les États-Unis.