LA TRIBUNE DIMANCHE — Quels objectifs la France s'est-elle fixés pour le sommet qu'elle organisera le mois prochain ?
ANNE BOUVEROT — Nous souhaitons que la France - et l'Europe - s'impose sur la carte mondiale de l'intelligence artificielle, et pour cela nous voulons mettre en valeur nos chercheurs et nos entreprises. Mistral n'est pas le seul fleuron national. Nous comptons bien d'autres champions comme Helsing, Poolside, Pigment, Hugging Face et bien sûr Doctolib. La France dispose d'un formidable éco-système et Paris dispose de tous les atouts pour être un hub de l'innovation : les liens commerciaux se multiplient entre ces start-up et les grands groupes. Ce deuxième sommet mondial sur l'IA permettra de réunir les chefs d'État d'une centaine de pays, des chefs d'entreprise et des chercheurs du monde entier. Il sera coprésidé par Emmanuel Macron et par le Premier ministre indien, Narendra Modi. La Chine et les États-Unis seront représentés. Nous attendons aussi de grandes figures internationales comme Sam Altman [cofondateur d'OpenAI], Dario Amodei [Anthropic], Julie Sweet [Accenture] et Lisa Su [AMD, concurrent de Nvidia]. Le président d'Alibaba sera également présent.
Pourquoi avoir choisi l'Inde pour coprésider ce sommet ?
La bataille de l'IA ne se joue pas uniquement entre la Chine et les États-Unis. Les pays émergents ont une voix importante à faire entendre. L'Inde compte énormément de talents. Même si elle n'a pas de champion dans le développement des modèles de langage, elle dispose d'une immense expertise technologique. L'IA est par essence une technologie qui doit concerner toute l'humanité. Il faut qu'elle reste ouverte et accessible à tous pour ne pas créer de nouvelles inégalités qui creusent les écarts entre riches et pauvres.