« L'avenir ne sera pas gagné en pensant à la sécurité » : J.D. Vance prône une dérégulation totale de l'IA
Marine Protais

J.D Vance au sommet pour l'action sur l'IA ce mardi 11 février.
REUTERS/Benoit Tessier/File Photo
Marine Protais

J.D Vance au sommet pour l'action sur l'IA ce mardi 11 février.
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« Je suis là pour le vin gratuit », a commencé par dire J.D. Vance, vice-président de l'administration Donald Trump, ce mardi au Grand Palais à l'occasion du Sommet pour l'action de l'IA. Un ton provocateur qui a servi de préambule au déroulé de sa vision orwellienne de l'avenir de l'intelligence artificielle.
Il a ainsi plaidé pour un développement sans entrave de la technologie, loin des préoccupations de sécurité, environnementales ou d'éthique qui dominent le débat, en particulier lors de ce sommet porté sur les opportunités, certes, mais aussi l'intérêt général.
Selon lui, pour saisir les opportunités de cette technologie, l'urgence n'est pas de freiner ou d'encadrer l'innovation, mais de la libérer des contraintes réglementaires. « Il ne faut pas avoir peur de prendre des risques », a-t-il insisté. En réponse à la prudence de certains pays quant à la consommation énergétique de l'IA, il rétorque : « l'avenir ne sera pas gagné en pensant à la sécurité. Il faut au contraire penser à la construction d'infrastructures. »
J.D. Vance a par ailleurs rappelé la domination des États-Unis. « Nous sommes en avance, mais cette technologie doit s'appliquer à tous. Nous devons faire en sorte que les États-Unis gardent l'avance, afin que nous soyons le partenaire de choix pour les pays et les entreprises », a-t-il expliqué.
Il a également insisté sur l'importance de préserver la souveraineté américaine sur la chaîne d'approvisionnement des semi-conducteurs. « Nous avons toutes les composantes nécessaires : la maîtrise des semi-conducteurs, la puissance de calcul requise. Il faut sauvegarder l'avance des États-Unis et fabriquer nos puces chez nous. »
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J.D. Vance a également annoncé que « l'administration Trump s'assurerait qu'aucune IA américaine ne soit libre de tout biais idéologique et ne donne aucune restriction à la liberté d'expression ».
Car, selon lui, certains outils représentent une menace de biais idéologique dans l'IA, notamment à cause de garde-fous contre les discours haineux, racistes et sexistes. « L'IA ne doit pas être un outil de censure », a-t-il affirmé, prenant en exemple des cas où des modèles d'IA auraient produit des réponses politiquement orientées selon lui. Il a notamment cité un exemple : « George Washington est noir ». Dans certains cas, les garde-fous mis en place par les entreprises comme Google ont effectivement mené à des erreurs historiques avant d'être corrigées.
Vance a également annoncé que l'administration Trump bloquerait toute tentative de réglementation stricte sur l'IA. Il a, en effet, évoqué un décret visant à éviter un cadre trop contraignant pour les entreprises du secteur, réaffirmant que la liberté d'innovation devait primer sur toute autre considération.
Dans la même logique, il a critiqué l'approche européenne en matière de régulation, fustigeant la volonté de Bruxelles d'encadrer les contenus en ligne. « Beaucoup de nos entreprises travaillent avec l'Europe, mais la "police de la désinformation" est une dérive. C'est une chose d'empêcher un enfant d'accéder à certains contenus, c'en est une autre d'imposer des restrictions aux adultes pour accéder à des discours », a-t-il insisté.
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Le vice-président américain a par ailleurs mis en garde ce mardi les États contre les partenariats avec les « régimes autoritaires » qui ne « sont jamais bénéfiques à terme », évoquant les exportations « lourdement subventionnées » par la Chine de sa technologie 5G
Marine Protais