Data center : la course à l’IA menace-t-elle le climat ?
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Un data center à Hafnarfjordur, en Island, en 2015.
RSS/KR/..../ /TW - REUTERS - Stringer .
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Un data center à Hafnarfjordur, en Island, en 2015.
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Longtemps, on a espéré que l’amélioration de l’efficacité énergétique des data centers suffirait seule à contenir la croissance de leur consommation électrique. Plus personne n’y croit désormais. Les usages de type cloud, cryptomonnaies et IA se développent en s’appuyant sur toujours plus de centres de données. Et la puissance de ces infrastructures ne cesse d’augmenter, les rendant d’autant plus énergivores. « Une croissance insoutenable », pour le think tank The Shift Project. Il dévoile aujourd’hui une étude alarmante sur le sujet intitulée Intelligence artificielle, données, calculs : quelles infrastructures dans un monde décarboné ?
Pour que la filière atteigne la neutralité carbone en 2030, il faudrait qu’elle réussisse à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 5 % par an. Mais d’après les projections de l’association, elles sont plutôt parties pour augmenter de 9 % par an. Dans cinq ans, elles atteindraient ainsi entre 630 et 920 millions de tonnes en équivalent CO² (MtCO2e) dans le monde. « Soit jusqu’à 2 fois les émissions de la France », peut-on lire dans le rapport.
Pour rappel, l’empreinte carbone est due en majorité aux émissions liées à la consommation électrique, et dans une moindre mesure à celles générées par la construction de ces infrastructures et la production du matériel qu’elles renferment, type serveurs. Les chiffres de The Shift Project paraissent toutefois élevés au regard des projections officielles. L’Agence internationale de l’Énergie envisage ainsi entre 300 et 500 MtCO2e pour 2035. C'est presque deux fois moins.
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Concernant la consommation électrique des data centers, elle pourrait passer de 530 térawattheure (TWh) en 2023 à 1500 TWh en 2030, et même 3 000 TWh en 2035, dans le pire des scénarios, au niveau mondial. Là encore, c’est au-dessus des chiffres de référence. L’Agence internationale de l’Énergie ne projette « que » 1 200 TWh d’électricité consommée par les centres de données en 2035.