Meta a annoncé lundi l'acquisition de Manus, populaire agent d'IA développé par la startup chinoise Butterfly Effect. Le géant américain de la tech a déjà revu à la hausse ses dépenses d'investissements dans l'IA et ne compte pas s'arrêter en 2026.
Meta multiplie les acquisitions dans le domaine des agents d'intelligence artificielle (IA) autonomes. Après le rachat de la start-up américaine Limitless début décembre, le géant américain de la tech a annoncé ce lundi celui de Manus, populaire agent d'IA développé par la startup chinoise Butterfly Effect, aujourd'hui basée à Singapour.
« Manus a développé l'un des agents autonomes polyvalents les plus performants (...). Nous continuerons d'exploiter et de commercialiser le service Manus, et nous l'intégrerons à nos produits », a annoncé Meta dans un communiqué.
Accessible sur invitation à destination des entreprises, Manus avait rapidement suscité l'engouement à son lancement en mars. Il s'agit d'un agent d'IA et, à ce titre, il ne joue pas dans la même cour que les assistants conversationnels du Chinois DeepSeek ou de l'Américain OpenAI (ChatGPT).
Ces derniers fournissent des réponses à des requêtes via une interface de discussion, alors que lui est capable d'exécuter des tâches en autonomie « de bout en bout » : tri de CV, réservations de voyages... Manus est « capable d'exécuter de manière indépendante des tâches complexes telles que les études de marché, la programmation et l'analyse de données », confirme Meta.
L'agent IA valorisé 500 millions de dollars
L'agent d'IA revendique « des millions d'utilisateurs dans le monde entier » et est valorisé selon Bloomberg à 500 millions de dollars,à la suite d'une levée de fonds sous la houlette de la société de capital-risque américaine Benchmark.
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« L'acquisition de Manus vise probablement à étendre les capacités des agents d'IA de Meta, qui manque actuellement d'applications basées sur son propre modèle fondamental, contrairement aux écosystèmes élargis de ChatGPT, Google Gemini et Anthropic Claude », ont commenté les analystes de Bloomberg Intelligence.
Selon eux, « la transaction pourrait atteindre, voire dépasser, 1,5 à 2 milliards de dollars, compte tenu du niveau de chiffre d'affaires annuel de Manus de 125 millions de dollars », et pourrait marquer « une première étape pour Meta dans la création d'une activité d'abonnements » autour de l'IA, et ainsi avoir un retour sur ses investissements.
Une stratégie résolument tournée vers l'IA
Cette opération, pour un montant non précisé, est une nouvelle illustration de la stratégie du groupe de Mark Zuckerberg (Facebook, Instagram, WhatsApp) résolument tournée vers l'IA, notamment pour ne pas se laisser distancer par OpenAI. Elle pourrait l'aider à générer des revenus sur ce segment grâce au modèle par abonnement privilégié par Manus.
Fin octobre, Meta avait revu en hausse ses dépenses d'investissements, prioritairement dans l'intelligence artificielle, avec une fourchette anticipée de 70-72 milliards de dollars pour 2025 (75 % de plus qu'en 2024). Le 13 juin déjà, le groupe n'avait pas hésité à mettre 14,3 milliards de dollars sur la table pour prendre 49 % du capital de la start-up Scale AI, spécialisée dans la préparation et le nettoyage des données utilisées pour l'élaboration des grands modèles d'IA.
En juillet, Bloomberg révélait par ailleurs que le groupe de Mark Zuckerberg avait racheté PlayAI, une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle vocale, dont l'outil est capable de cloner les voix humaines et d'en générer de nouvelles. Dernier rachat en date, le 5 décembre : celui de la start-up américaine Limitless, à l'origine d'un pendentif connecté capable d'enregistrer et de résumer des conversations à l'aide de l'IA.
Et aucun répit ne s'annonce : « Nos dépenses totales augmenteront à un rythme nettement plus rapide en 2026 qu'en 2025, cette croissance étant principalement tirée par les coûts d'infrastructure » pour acheter des millions de puces IA et construire, électrifier et refroidir les centres de données géants associés, a prévenu le groupe fin octobre.
« Être à l'offensive dans le renforcement des capacités » de calcul pour la course à la superintelligence, quand l'IA dépassera peut-être un jour les capacités humaines, « est la bonne stratégie », a justifié le fondateur de Meta, Mark Zuckerberg. « Si la superintelligence arrive plus tôt » que prévu, « nous serons super bien placés pour un changement de paradigme générationnel » et « si ça prend plus de temps, nous utiliserons la puissance de calcul supplémentaire pour booster notre activité principale » sur la publicité, s'est-il voulu rassurant.
« Je suis super motivé pour faire de Meta le top des labo d'IA », a encore justifié le patron de Meta, après une agressive campagne de débauchage à prix d'or d'ingénieurs cet été, suivie en octobre du licenciement de 600 autres employés de sa branche IA.