Google : tout savoir sur le procès qui menace de démanteler son empire publicitaire

Une juge fédérale a reconnu en avril que Google s’était maintenu illégalement dans une situation de monopole sur la publicité numérique.
Pixabay / LT

Une juge fédérale a reconnu en avril que Google s’était maintenu illégalement dans une situation de monopole sur la publicité numérique.
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Coup d’envoi d’une série d’audiences judiciaires pour Google ce lundi. Un juge fédéral doit statuer sur le démantèlement de l’activité publicitaire du géant technologique, réclamé par le gouvernement américain pour mettre fin à son monopole récemment jugé illégal.
L’affaire porte sur la plateforme publicitaire de Google, c’est-à-dire l’interface utilisée par les éditeurs de sites Web pour vendre des espaces publicitaires et par les annonceurs pour les acheter. L’audience, qui se tient devant une cour fédérale de Virginie, près de Washington, devrait durer environ une semaine, avant des plaidoiries finales quelques semaines plus tard.
En janvier 2023, le gouvernement américain avait accusé Google de contrôler le marché des bannières publicitaires sur les sites Web, y compris ceux de nombreux médias, et d’en profiter pour pratiquer des prix artificiellement élevés et un partage des revenus inéquitable.
L’administration de Joe Biden avait alors assigné Google devant un tribunal fédéral de Virginie, réclamant que le groupe soit contraint de céder des actifs. Selon l’accusation, le groupe s’appuyait sur trois logiciels de gestion de la publicité considérés comme incontournables par la majorité des sites Internet. Un procès s’est finalement tenu en novembre 2024.
Dans une décision importante en avril, la juge Leonie Brinkema a donné raison au ministère américain de la Justice en reconnaissant que Google s’était maintenu illégalement dans une situation de monopole sur la publicité numérique.
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« Les plaignants ont prouvé que Google avait sciemment entrepris une série d’actions anticoncurrentielles pour atteindre et conserver un pouvoir de monopole dans le serveur de publications publicitaires et dans les marchés d’échanges de publicités sur Internet », a conclu la juge fédérale Leonie Brinkema, dans une décision de 115 pages rendue publique le 17 avril.
« Pendant plus d’une décennie, Google a lié son serveur de publication de publicités et les échanges de publicités à travers des clauses contractuelles et une intégration technologique, ce qui a permis à l’entreprise d’établir et de protéger sa position monopolistique dans ces deux marchés », a-t-elle poursuivi.
Selon elle, le groupe a également « assuré son monopole en imposant des politiques anticoncurrentielles à ses clients et en éliminant des caractéristiques favorables de certains produits ». Elle a conclu que, ce faisant, Google avait notamment causé des « dommages importants » à ses clients et avait empêché ses rivaux de lui faire concurrence.
Reste à déterminer les sanctions et les remèdes antimonopoles à imposer à la filiale d’Alphabet, ce qui est l’objet des audiences qui débutent ce lundi. Selon les documents judiciaires, le gouvernement américain fera valoir que Google doit se séparer de sa plateforme d’échange publicitaire et qu’il devrait se voir interdit d’en exploiter une autre pendant 10 ans.
En défense, Google devrait plaider qu’un tel démantèlement est excessif au vu des conclusions du tribunal sur le fond de l’affaire, qu’il est techniquement irréalisable et nuira à l’ensemble du marché, en particulier aux petites entreprises.
« Nous avons dit, dès le début, que le dossier du ministère de la Justice méconnaissait le fonctionnement de la publicité numérique et ignorait l’évolution spectaculaire du paysage, avec une concurrence accrue et l’arrivée de nouveaux acteurs », a déclaré Lee-Anne Mulholland, vice-présidente des affaires réglementaires chez Google.
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Deuxième procès fédéral majeur pour Google
Il s’agit du deuxième procès fédéral majeur pour Google cette année, après celui où le groupe de Mountain View (Californie, ouest) s’est vu sanctionné pour sa domination sans partage dans la recherche en ligne. Sauf que dans ce cas, la demande du gouvernement américain de contraindre Google à vendre son navigateur Chrome avait été rejetée par le juge début septembre.
La décision, décrite comme une grande victoire pour le géant de la tech, lui impose à la place de partager des données avec ses concurrents, entre autres mesures correctives. Le gouvernement américain avait fait pression pour que Chrome soit cédé, arguant que le navigateur constituait une passerelle cruciale vers Internet et générait un tiers de toutes les recherches en ligne sur Google.
(Avec AFP)