3 milliards d’euros d’amende pour Google : Bruxelles tient tête à Trump

Bogdan Bodnar
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La rentrée est mouvementée pour Google. La Commission européenne vient d'infliger, ce 5 septembre, au géant américain une amende de 2,95 milliards d'euros (3,45 milliards de dollars) pour abus de position dominante dans ses activités de publicité numérique. La sanction fait suite à une plainte déposée par l'European Publishers Council, représentant les éditeurs européens, qui accusait Google de pratiques anticoncurrentielles au détriment des annonceurs et des médias en ligne.
Selon l'enquête menée par Bruxelles, Google a abusé de sa position dominante depuis au moins 2014, en favorisant systématiquement ses propres technologies publicitaires. Le groupe californien contrôlerait toute la chaîne de la publicité en ligne. Il propose à la fois des outils utilisés par les annonceurs pour acheter des espaces, des services pour les éditeurs de sites afin d'y afficher les publicités, et sa propre place de marché, baptisée AdX, où s'effectuent les enchères.
Autrement dit, pour une entreprise qui veut faire de la publicité sur Internet, il est quasiment impossible d'éviter Google, qui joue à la fois le rôle de vendeur, d'acheteur et d'arbitre du marché.
Pour la Commission, « ces comportements visaient délibérément à donner à AdX un avantage concurrentiel et ont pu évincer les places de marché rivales ». Cette stratégie a renforcé la position centrale de Google dans la chaîne de valeur publicitaire et lui a permis de prélever des frais élevés sur ses services.
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La commissaire européenne à la Concurrence, Teresa Ribera, a enjoint Google à mettre fin à ces pratiques et à proposer dans les 60 jours des mesures correctives crédibles. « Google doit désormais présenter un remède sérieux pour résoudre ses conflits d'intérêts. À défaut, nous n'hésiterons pas à imposer des solutions plus fortes », a-t-elle averti.
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Bogdan Bodnar