Altice : « Si Patrick Drahi ne cède pas SFR sous deux ans, on le sort »
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La pression monte pour Patrick Drahi, fondateur d’Altice.
Reuters
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La pression monte pour Patrick Drahi, fondateur d’Altice.
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(Cet article a donné lieu à un droit de réponse du groupe Altice publié le 25 septembre 2025, à retrouver en bas de cette page)
Les créanciers d’Altice France ne s’embarrassent plus de ronds de jambe depuis que la restructuration de la maison mère de SFR touche à sa fin. « Si Patrick Drahi ne cède pas SFR sous deux ans, on le sort », assène, lapidaire, une des parties prenantes.
Certes, les créanciers ont accepté de convertir une partie de la dette (8,6 milliards d’euros exactement) en échange de 45 % du capital. Mais ce que veulent avant tout les fonds de pension comme BlackRock et Fidelity Investment, ou les banques telles que JP Morgan et BNP Paribas, c’est être remboursés. Tous ces financiers attendent de l’homme d’affaires une cession au meilleur prix à partir du 1er octobre, date à laquelle la procédure sera achevée, et d’ici à la fin 2027, avant que ne débutent les premières échéances de la dette en 2028. Sinon, cela risque de mal finir pour le milliardaire.
Patrick Drahi était apparu comme le grand gagnant des négociations avec ses créanciers, au sortir de l’hiver dernier. L’accord, inhabituel pour une entreprise aussi endettée (24,1 milliards de dette initiale, passée à 15,5 milliards après restructuration), reste effectivement un succès indéniable pour l’entrepreneur.
« Dans beaucoup d’autres situations, il aurait perdu le contrôle d’Altice France », souligne un avocat qui a travaillé sur le dossier. En outre, ni Patrick Drahi ni ses créanciers n’ont remis au pot de la dette. « Je n’ai jamais vu un actionnaire qui ne remet pas d’argent et obtenir tout ce qu’il a obtenu sur des dossiers de cette taille-là », s’étonne encore un autre acteur impliqué. Enfin, Patrick Drahi est parvenu à desserrer l’étau financier en repoussant les échéances de la dette restante. Mais cette victoire a un prix.
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Patrick Drahi est désormais missionné pour piloter lui-même la vente de SFR et des autres actifs d’Altice France, la société qu’il a rachetée il y a 11 ans. Un rôle dont les créanciers ne veulent pas. « Ils ont la hantise d’être considérés comme des dirigeants de fait, car cela leur confère des responsabilités qu’ils ne savent pas gérer », souligne l’un des conseils interrogés. Et ils connaissent les talents de négociateurs du milliardaire. Patrick Drahi manie la sympathie et le coup de pression, n’hésite pas à interrompre les pourparlers sur un coup de tête, et tient bon jusqu’au bout — bref, le milliardaire sait faire.
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