Deux lignes de train à grande vitesse pour relier Bordeaux à Toulouse et Dax : avec ou sans partenariat public-privé ? La question se pose à l'heure des restrictions budgétaires. Tandis que les groupes privés poussent pour participer, la SNCF et les collectivités dégainent études et solutions pour convaincre l’État que le montage 100% public reste la meilleure option.Conduire le projet des LGV Sud-Ouest implique de manier une bonne dose de sang-froid. Depuis bientôt trente ans, il faut composer avec une vive opposition locale, les moratoires autour des grands projets coûteux et les remontrances de l'Autorité environnementale. Depuis 2021 et la relance de la grande vitesse ferroviaire dans le Sud-Ouest, dirigeants de la SNCF et élus locaux n'ont pas flanché.
Mais, quoi qu'en disent les discours, le doute s'installe chez une partie des responsables publics alors que le privé est à l'offensive pour récupérer tout ou partie de ce chantier gigantesque.
Les nouvelles voies qui doivent être tracées au sud de Bordeaux vers Toulouse, en 2032, puis Dax, en 2036, relèvent d'un projet exclusivement financé par les collectivités, l’État et l'Europe. Mais au moment où les comptes publics dérapent et où le gouvernement sonne le tour de vis budgétaire, la capacité de l'État à payer se voit sérieusement questionnée. Ce qui ravive les intérêts des entreprises privées, envieuses d'écrire la suite de l'histoire des PPP - les partenariats public-privé - initiée à la fin des années 2000 notamment sur la ligne nouvelle entre Tours et Bordeaux.
Dans son bureau toulousain, Guy Kauffmann, le directeur général de la Société de projet du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (SGPSO), nourrit une incompréhension.
« C'est une fiction de penser que l'argent privé remplacera la participation de l’État ! Notre fonctionnement exige des subventions et des fonds propres pérennes. Que je sache, le privé ne fait pas dans la philanthropie, quand leurs fonds sortent, c'est avec une marge », fustige-t-il.