A la demande de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la SNCF va rouvrir une connexion voyageurs entre Pont-Saint-Esprit dans le Gard (Occitanie) et la gare du Teil en Ardèche (Auvergne Rhône-Alpes).
Emma Rodot
Depuis 1973, le département de l’Ardèche n’est plus desservi par aucun train de voyageurs. Pourtant, les voies ferrées ne manquent pas. Cette anomalie devrait être corrigée en 2027. Mais pour les associations de passagers, cela ne peut être qu’un premier pas, largement insuffisant pour répondre au besoin de désenclavement du territoire.
L'annonce pourrait avoir un petite saveur de cadeau de Noël... Depuis plus de 50 ans, et la fermeture de la ligne ferroviaire de la rive droite du Rhône qui transportait des passagers entre Givors (69) et Nîmes (30), pour se concentrer sur le fret, plus aucun train n’a embarqué de voyageurs en Ardèche.
Une particularité, pour ne pas dire une surprenante anomalie dans le paysage des départements français, dont les Ardéchois se seraient bien passés. Mais les lignes (de train et de l’administration) devraient enfin bouger dans les prochains mois.
Une situation ubuesque
A la demande de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la SNCF va en effet rouvrir une connexion voyageurs entre Pont-Saint-Esprit dans le Gard (Occitanie) et la gare du Teil en Ardèche (Auvergne Rhône-Alpes). Il s’agira en fait de l’extension des liaisons TER occitanes déjà existantes entre Nîmes et Pont-Saint-Esprit, en rive droite du Rhône, mises en place par la Région Occitanie depuis 2022. Pour l’heure, ces trains arrivent déjà jusqu’au Teil, mais sans y embarquer ou débarquer de voyageurs… En effet, dans l’impossibilité technique de se retourner en gare de Pont-Saint-Esprit pour repartir dans l’autre sens, ces TER effectuent leurs manœuvres à la gare du Teil, en Ardèche, quelque 40 kilomètres plus loin.
Un point que le député de l’Ardèche Hervé Saulignac avait d’ailleurs évoqué à l’Assemblée Nationale en 2024, à l’occasion d’une question à Hervé Berville, alors secrétaire d’État chargé de la mer et de la biodiversité :
« Les deux régions, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie, ont conclu une convention. Nous sommes dans une absurdie bureaucratique totale : des trains arrivent et repartent à vide (de la gare du Teil) sans que les voyageurs puissent y monter ».
Résultat, et faute d’alternative, ces mêmes 40 kilomètres déjà parcourus régulièrement par des TER (à vide donc) en une vingtaine de minutes infligent actuellement aux voyageurs un parcours complexe de plus de trois heures avec plusieurs correspondances. Avec à la clé, forcément, une priorisation des Ardéchois pour les trajets en voiture. À noter que la gare du Teil est tout de même ponctuellement utilisée lorsque la ligne habituelle, en rive gauche, est en travaux, mais nécessite la mobilisation de personnels SNCF pour assurer le cheminement des voyageurs d’un quai à l’autre, en toute sécurité.
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