Le système FSD repose sur une intelligence artificielle entraînée à partir des données collectées par plus de six millions de véhicules Tesla en circulation dans le monde.
Le ministre des Transports Philippe Tabarot estime que le système d’aide à la conduite avancé de Tesla représente une avancée technologique, mais que ses garanties en matière de sécurité ne permettent pas encore une autorisation en France.
Le bras de fer entre Tesla et les régulateurs européens se poursuit. Alors que plusieurs pays du Vieux Continent ont commencé à ouvrir la voie au déploiement du système de conduite assistée avancée du constructeur américain, la France a choisi de rester prudente. Paris n’entend pas autoriser, à ce stade, le « Full Self-Driving Supervisé » (FSD) de Tesla, invoquant des interrogations persistantes sur la sécurité de la technologie.
« En France, on considère que ce système apporte un certain nombre de progrès technologiques mais que les contreparties en termes de sécurité ne sont pas encore suffisantes pour une autorisation en l’état », a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot dans une vidéo publiée sur la plateforme gouvernementale Agora.
Une technologie entre assistance et autonomie
Développé par Tesla sous le nom de FSD Supervisé (pour Full Self-Driving Supervised), le dispositif ne correspond pas à une conduite autonome au sens strict. Le constructeur d’Elon Musk précise que le conducteur doit conserver une surveillance active du véhicule et rester prêt à reprendre le contrôle à tout moment.
Le système repose sur une intelligence artificielle entraînée à partir des données collectées par plus de six millions de véhicules Tesla en circulation dans le monde. Grâce aux caméras embarquées autour du véhicule, il est capable de gérer certaines phases de conduite en ville ou sur autoroute, de réaliser des créneaux ou encore de sortir automatiquement d’une place de stationnement pendant que le conducteur reste à proximité.
Une promesse technologique qui alimente depuis plusieurs années l’ambition de Tesla de faire de ses véhicules des machines capables de se déplacer avec une intervention humaine réduite. Mais pour les autorités européennes, la question de la responsabilité en cas d’accident reste centrale.
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Une Europe divisée face à Tesla
La position française contraste avec celle de plusieurs pays européens qui ont décidé d’autoriser temporairement l’utilisation du FSD. Les Pays-Bas ont ouvert la voie mi-avril, en accordant une autorisation provisoire au système, une première dans l’Union européenne.
Depuis, l’Estonie, la Belgique, la Lituanie et le Danemark ont également suivi cette trajectoire. Une évolution qui illustre les différences d’approche entre les États membres face aux nouvelles technologies de conduite automatisée.
Philippe Tabarot rappelle toutefois que ces autorisations reposent sur des dérogations. « Les Pays-Bas ont décidé de déroger au cadre réglementaire international et européen », qui prévoit que le conducteur doit surveiller et rester maître du véhicule en permanence. « En général, au moins une main doit rester sur le volant », précise le ministre.
Tesla poursuit son offensive réglementaire
De son côté, Tesla continue de pousser pour un élargissement du déploiement de son système. Sur son site français, le constructeur indique que la fonctionnalité reste « en attente d’approbation réglementaire », tout en soulignant qu’elle est déjà disponible dans « douze pays et ce n’est pas fini ».
Pour Paris, il ne s’agit pas de fermer la porte à la conduite automatisée, mais de fixer un cadre jugé suffisamment robuste. Le ministre assure ainsi que la France soutient le développement de cette technologie, tout en estimant nécessaire de « déterminer les ajustements nécessaires ».
Un équilibre délicat pour les pouvoirs publics : accompagner une révolution industrielle majeure dans l’automobile, sans prendre le risque de laisser circuler des systèmes dont les limites opérationnelles et juridiques restent encore au cœur des débats.