Jean Castex remplace Christophe Fanichet à la tête de SNCF Voyageurs

Jean Castex entend "impulser une nouvelle dynamique et de nouvelles orientations stratégiques, à partir d'un bilan très positif ".
AFP - AFP or licensors - LIONEL BONAVENTURE

Jean Castex entend "impulser une nouvelle dynamique et de nouvelles orientations stratégiques, à partir d'un bilan très positif ".
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Jean Castex accélère la transformation de la SNCF. Huit mois après son arrivée à la tête du groupe ferroviaire public, l'ancien Premier ministre a annoncé mardi une profonde réorganisation de la gouvernance de SNCF Voyageurs, marquant un changement de cap stratégique malgré des résultats commerciaux solides.
Premier symbole de cette nouvelle étape : le départ de Christophe Fanichet de la présidence de SNCF Voyageurs. Artisan de la création de cette filiale en 2020 et de son adaptation à l'ouverture à la concurrence, il quittera ses fonctions pour prendre de nouvelles responsabilités au sein du groupe.
Le dirigeant, dont le nom est étroitement associé à la transformation de l'activité voyageurs depuis la réforme ferroviaire de 2018, « va changer de fonctions au sein du groupe » et « garde toute la confiance » de Jean Castex, précise la SNCF dans un communiqué.
Le tandem appelé à lui succéder illustre la nouvelle organisation voulue par la direction. Laurent Trevisani, actuel directeur général délégué stratégie et finances de la SNCF, présidera le conseil d'administration de SNCF Voyageurs, tandis que Jean-Aimé Mougenot, aujourd'hui directeur TER délégué, deviendra directeur général de la filiale.
Au-delà des personnes, cette réorganisation traduit la volonté du nouveau président de reprendre en main la stratégie de SNCF Voyageurs. Selon le groupe, Jean Castex entend « impulser une nouvelle dynamique et de nouvelles orientations stratégiques, à partir d'un bilan très positif ».
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Il salue au passage le travail accompli par son prédécesseur : « Je tiens à remercier chaleureusement Christophe Fanichet, qui garde toute ma confiance, pour son engagement et la contribution déterminante qu'il a apportée au développement de SNCF Voyageurs depuis sa création en 2020. » La nouvelle gouvernance doit être mise en place après consultation des instances compétentes.
La décision la plus marquante concerne toutefois l'abandon du projet « Destination 2030 », vaste programme de transformation interne porté depuis plusieurs mois par Christophe Fanichet. Prévu pour adapter SNCF Voyageurs à la montée en puissance de la concurrence ferroviaire, ce plan organisait progressivement l'entreprise autour de plusieurs marchés — TGV, trains régionaux (TER et Transilien), Intercités et trains de nuit — tout en accompagnant la création de nombreuses filiales locales appelées à répondre aux appels d'offres régionaux.
Ce projet sera finalement remplacé. La SNCF annonce qu'une nouvelle organisation de SNCF Voyageurs, « fondée sur le principe de décentralisation, de performance et d'unité du groupe ferroviaire », sera déployée au début de l'année 2027.
Ce changement de gouvernance intervient pourtant dans un contexte commercial favorable. Depuis 2019, la fréquentation des TGV a progressé de près de 20 %, portée par le rebond du trafic après la crise sanitaire et par une demande soutenue pour le train. SNCF Voyageurs a également engagé un important renouvellement de son matériel roulant grâce à des commandes de nouveaux trains.
Ces bons résultats n'ont cependant pas fait disparaître les tensions internes. Les difficultés persistantes sur certaines lignes Intercités continuent d'alimenter les critiques des voyageurs, tandis que les organisations syndicales contestent la stratégie de filialisation engagée pour préparer l'ouverture à la concurrence. Le 10 juin dernier, une grève largement suivie avait notamment réclamé l'arrêt de cette réorganisation.
En remplaçant l'architecte de cette transformation tout en affirmant sa confiance à son égard, Jean Castex cherche désormais à imprimer sa propre marque. Reste à savoir si cette nouvelle gouvernance permettra de concilier les impératifs de compétitivité imposés par l'ouverture du marché ferroviaire avec les attentes des salariés et des usagers.