Face au très faible dynamisme du secteur automobile, l'équipementier Valeo s'est lancé dans une course à la diversification. Une stratégie qui offre ses premiers résultats notamment dans la défense, mais qui doit encore trouver un véritable élan commercial.Il préfère parler de « secteur particulièrement chahuté », plutôt que de crise à propos de l'industrie automobile. Et dans cet environnement perturbé par l'offensive chinoise notamment, Christophe Périllat, le directeur général de l'équipementier Valeo (10,38 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre 2026), cherche des relais de croissance nouveaux pour assurer la pérennité d'une entreprise qui compte au total 150 usines sur tous les continents.
« Nous sommes avant tout une entreprise technologique. Ce sont les technologies que nous développons qui nous définissent et ces technologies transcendent l'automobile. Nous regardons donc des applications dans d'autres industries et d'autres verticales », a confié le dirigeant lors d'une rencontre avec la presse, dont La Tribune, vendredi 24 juillet.
Premier contrat sur le marché des drones
Parmi les premières retombées de cette stratégie ? L'officialisation d'un contrat avec la start-up Harmattan AI, pour confier à Valeo la production des moteurs des drones de la jeune pousse qui compte le groupe Dassault dans son actionnariat. Ce n'est pas le premier acteur automobile à explorer le secteur des drones, en hypercroissance industrielle. L'Allemand Schaeffler commence la production de drones de Delair, tandis que Renault s'est rapproché de Turgis Gaillard.
« Nous avons développé une gamme de moteurs de drones, pour différents poids et ce sans terres rares lourdes, afin d'assurer la souveraineté de cette technologie. Le moteur a effectué ses premiers vols et a obtenu des résultats spectaculaires. Nous allons pouvoir apporter notre expertise de montée en cadence dans un marché en forte croissance, alors que la base fournisseurs de ces dronistes est plutôt faible. Cette nouvelle activité nous apporte la croissance que l'industrie automobile ne nous apporte plus et des marges financières bien supérieures », se réjouit le directeur général.