Le logo Porsche est affiché sur un véhicule au pavillon d'exposition de Porsche, le jour du salon automobile IAA à Munich, en Allemagne, le 10 septembre 2025.
Le constructeur allemand de voitures sportives de luxe, filiale du géant Volkswagen, va supprimer 5 000 postes supplémentaires d'ici à 2035. Avec les suppressions de postes annoncées en 2025, Porsche prévoit de réduire ses effectifs de 8 900 personnes.
Porsche va supprimer 5 000 postes d'ici à 2035 dans le cadre d'un vaste programme de réduction de coûts visant à sortir de la crise, a annoncé le constructeur allemand de voitures sportives de luxe dans un communiqué ce lundi 27 juillet.
L'entreprise, dont les bénéfices se sont effondrés en 2025, est la propriété du groupe aux dix marques Volkswagen (VW, Skoda, Audi, Seat, Lamborghini…), qui traverse actuellement ses pires années depuis la période précédant la crise du Covid-19. Avec les suppressions de postes déjà annoncées en 2025, le groupe prévoit donc de réduire ses effectifs de 8 900 personnes.
D'après Porsche, les suppressions annoncées lundi seront effectuées « de manière socialement responsable », « grâce aux départs naturels, aux effets démographiques, à l'extension du programme spécial de retraite partielle et aux accords de départ volontaire ». Selon le communiqué, ces coupes font partie d'un accord conclu entre le directoire de Porsche et le comité général d'entreprise, en collaboration avec deux syndicats allemands, dont le puissant IG Metall.
Celui-ci garantit « l'emploi et la protection » des sites de production de Porsche « jusqu'à la fin de l'année 2035 », c'est-à-dire qu'il « exclut tout licenciement pour motif économique durant cette période ».
2,1 milliards d'euros dans deux sites du sud-ouest de l'Allemagne
Par ailleurs, le constructeur s'est engagé à investir un total de 2,1 milliards d'euros dans deux sites du sud-ouest de l'Allemagne, Zuffenhausen et Weissach. « Cette mesure vise notamment à garantir que les voitures de sport à deux portes continuent à sortir des chaînes de production de Zuffenhausen à long terme », et que « les activités de développement pour toutes les gammes de modèles restent concentrées à Weissach ».
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« La prolongation de la protection de l'emploi et des sites jusqu'en 2035, ainsi que les investissements, constituent un signal important pour l'ensemble du personnel et pour le Bade-Wurtemberg (la région où les sites se trouvent, ndlr) en tant que pôle industriel », s'est réjouie Tamara Hübner, représentante d'IG Metall Stuttgart, citée dans le communiqué.
D'autres mesures ont été annoncées pour réaliser des économies, comme un report d'augmentations salariales jusqu'en 2035 ou le renoncement des cadres supérieurs à des hausses de leur rémunération de base en 2027 et 2028.
100 000 emplois supprimés dans le groupe Volkswagen
Vendredi, le groupe Volkswagen a dit vouloir accélérer ses efforts de réduction de coûts pour retrouver une profitabilité, encore dégradée ces derniers mois. Au deuxième trimestre, le résultat net du groupe de Wolfsburg a atteint 1,54 milliard d'euros, en diminution de 32,9 % sur un an, selon des résultats financiers publiés par l'entreprise.
« Ces résultats sont un signal d'alarme » incitant à « agir », a martelé lors d'une conférence de presse le directeur financier du groupe, Arno Antlitz. En plus de la suppression déjà connue de 50 000 postes dans ses entités allemandes d'ici à 2030, Volkswagen souhaiterait supprimer 50 000 autres emplois, principalement dans les services administratifs du groupe à l'échelle mondiale.
Cela porterait à 100 000 le nombre total d'emplois supprimés, une perspective qui avait déjà provoqué début juillet la colère du puissant syndicat IG Metall en Allemagne.
Interrogé en conférence de presse sur l'hypothèse, crainte outre-Rhin, de la fermeture d'usines, le président du directoire de Volkswagen, Oliver Blume, a voulu rassurer vendredi en affirmant qu'il n'était « pas réaliste de parler de fermetures d'ici à la fin de la décennie », laissant un point d'interrogation à partir de 2030. « Fermer une usine est toujours la dernière solution », a-t-il souligné.
Une réduction drastique des coûts
Le constructeur a détaillé vendredi un plan d'action, baptisé « Group Target Picture 2030 », qui implique réduction drastique des coûts, baisse des capacités de production et simplification de l'offre, avec l'espoir de retrouver la compétitivité. La cure d'amaigrissement du géant aux dix marques passe aussi par les capacités de production à l'international, qui doivent être ramenées à 9 millions d'unités contre 12 millions avant la pandémie de Covid-19.
Le groupe veut enfin simplifier son offre, en réduisant son portefeuille de modèles de moitié et le nombre d'options d'équipement proposées de 75 %. Face aux vents contraires, Volkswagen a abaissé sa prévision d'évolution du chiffre d'affaires sur l'année 2026. Il vise désormais entre -3 % et 0 %, au lieu de 0 % à +3 % prévus initialement.
Il a en revanche maintenu son objectif d'une marge opérationnelle, indicateur clé de la rentabilité, comprise entre 4 % et 5,5 %. Au premier semestre, elle s'est élevée à 3,8 %. Avec sa stratégie, Volkswagen veut atteindre en 2030 une marge opérationnelle située entre 8 % et 10 %.
Malgré la baisse des profits, le flux de trésorerie net de sa division automobile a bondi de 4,5 milliards d'euros au premier semestre par rapport au solde négatif sur la même période l'an dernier, signe de la capacité intacte de l'entreprise à financer de lourds investissements. Volkswagen a également enregistré des améliorations sur le marché européen, où son carnet de commandes de véhicules électriques a augmenté de plus de la moitié sur un an.