Spirit Airlines annule tous ses vols et annonce la fin progressive de ses activités
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Depuis plusieurs mois, la situation de la compagnie basée à Dania Beach, en Floride, ne cesse de se dégrader.
MAB - REUTERS - Marco Bello
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Depuis plusieurs mois, la situation de la compagnie basée à Dania Beach, en Floride, ne cesse de se dégrader.
MAB - REUTERS - Marco Bello
La compagnie aérienne américaine à bas coûts Spirit Airlines, en difficulté depuis des mois et gravement impactée par la hausse des prix du kérosène, a annoncé samedi 2 mai que tous ses vols étaient annulés et qu'elle entamait « l'arrêt progressif » de ses activités. L'information avait précédemment rapporté par le Wall Street Journal.
« Tous les vols Spirit ont été annulés et les clients de Spirit ne doivent pas se rendre à l’aéroport », a déclaré la compagnie. La page d'accueil du site de la compagnie affichait un message indiquant que « le service client n’est plus disponible ». Mais la compagnie a précisé qu’elle traiterait les remboursements des tickets déjà achetés.
Depuis plusieurs mois, la situation de la compagnie basée à Dania Beach, en Floride, ne cesse de se dégrader. Placée en procédure de sauvegarde depuis août 2025 – après un premier passage entre novembre 2024 et mars 2025 – Spirit espérait encore, en début d’année, sortir de l’ornière. Fin février, elle évoquait un accord de principe avec ses créanciers et une possible sortie de faillite à l’été 2026. Selon le PDG de Spirit, Dave Davis, la compagnie était parvenue en mars à « un accord avec [ses] créanciers sur un plan de restructuration qui [lui] aurait permis de redevenir une entreprise viable ».
Mais l’envolée des prix du kérosène depuis le début de la guerre au Moyen-Orient "ne [lui] a laissé d’autre choix que d’engager un arrêt progressif et ordonné de la société", explique-t-il dans le communiqué. Les prix du kérosène ont plus que doublé depuis le début du conflit avec l’Iran fin février.
« Pour maintenir l’activité, il aurait fallu des centaines de millions de dollars supplémentaires de liquidités que Spirit n’a tout simplement pas et n’a pas pu obtenir. C’est extrêmement décevant et ce n’est pas l’issue que nous souhaitions », explique encore M. Davis.
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Face à l’urgence, des discussions ont été engagées avec l’exécutif américain pour obtenir une aide de 500 millions de dollars. Le dossier est désormais hautement politique. Donald Trump a évoqué une possible intervention directe de l’État fédéral « pour sauver des emplois ». « Nous examinons le dossier », a-t-il déclaré vendredi. « Nous le ferons si c’est une bonne affaire », a ajouté le président américain, promettant « une annonce aujourd’hui ».
Au-delà du cas Spirit, l’enjeu est systémique. Avec 27,7 millions de passagers transportés entre février 2025 et janvier 2026, la compagnie se classe au neuvième rang aux États-Unis. Sa disparition redistribuerait profondément les cartes du marché domestique, en réduisant la pression tarifaire exercée par les acteurs ultra low-cost.
L'article du Wall Street Journal publié vendredi 1er mai a propulsé l’ensemble du secteur aérien en Bourse, les investisseurs anticipant un marché moins concurrentiel. Rival direct de Spirit sur le segment des billets à bas prix, JetBlue a bondi de 4,41 % en séance. Même dynamique pour Southwest (+3,16 %) et Frontier (+6,32 %), tandis que les grandes compagnies traditionnelles – United (+2,71 %), Delta (+2,28 %) et American Airlines (+1,58 %) – ont également profité de ce regain d’optimisme. En creux, le message des marchés est limpide : la disparition d’un acteur agressif sur les prix pourrait restaurer les marges de l’ensemble du secteur.
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