Le groupe ADP affiche une bonne santé financière, portée par la croissance de ses aéroports à l’étranger. Alors qu’il cherche à muscler ses aéroports parisiens pour les maintenir à niveau face à la concurrence internationale, l’exploitant se heurte à plusieurs obstacles.À la tête depuis un an seulement du groupe ADP, son nouveau patron n’hésite pas à faire entendre sa voix. Quand bien même il reste détenu à 50,6 % par l'État français. « Dès que l’on veut sortir la tête de l’eau, on nous dit non, il faut rester sous l’eau, alors même que l’enjeu est de se maintenir face à la compétition mondiale, s’est insurgé Philippe Pascal, le PDG du groupe aéroportuaire. Des propos tenus lors de la présentation des résultats annuels de l’entreprise, organisée jeudi 19 février. En France, dès qu’une entreprise commence à gagner de l’argent, on considère qu’elle est riche et qu’il faut la taxer. »
Il faut dire que le groupe ADP affiche en 2025 une santé financière que pourrait jalouser nombre d’acteurs du transport aérien. Une dynamique portée par la hausse du trafic aérien, avec 379 millions de passagers passés par le réseau du gestionnaire d’infrastructures, en hausse de 4,2 %. Des flux qui ont permis au gestionnaire d’infrastructures de générer un chiffre d’affaires de 6,7 milliards d’euros, en hausse de 8,9 %, ainsi qu’un résultat opérationnel courant de 1,15 milliard d’euros (+17,2 %). « Les résultats sont ressortis opérationnellement légèrement meilleurs qu’attendu », souligne Egor Sonin, analyste Concessions, Construction et Matériaux de construction chez AlphaValue.
Une sortie contre l'excès de taxes
Mais ce sont les aéroports des filiales turques (TAV) et indiennes (GLR Airports) du groupe ADP qui ont drainé l’essentiel des flux, ainsi que ceux d’une poignée d’autres (Amman, Santiago du Chili…), avec au total 271 millions de passagers. En France, 107 millions de voyageurs au départ et à l'arrivée (+3,4 %), Paris-Charles de Gaulle et Orly ont retrouvé 99 % du volume de passagers tel qu’enregistré en 2019. Les revenus générés par les aéroports français ont été peu à peu rattrapés par ceux basés à l’étranger, avec respectivement un chiffre d’affaires de 2,19 et 2,14 milliards d’euros en 2025.