ANALYSE. La Commission européenne a publié ce mercredi 4 mars un plan d’accélération industrielle. Bruxelles prévoit un taux de contenu minimal européen de 70 % pour les électriques et les hybrides rechargeables. Mais les Chinois pourront continuer à écouler leurs véhicules, à condition de ne pas viser les marchés publics.Les informations à retenir
Quel est le contenu du Buy European Act concernant l'automobile ?
Le seuil de 70 % de composants européens imposé par Bruxelles dès 2027 vise à sanctuariser les marchés publics, mais l'analyse de Christophe Périllat (Valeo) souligne l'ironie d'une « accélération » administrative décalée face à l'urgence industrielle.
L'investissement chinois de 4 milliards d'euros dans treize usines d'assemblage européennes se heurte à un contenu local initial estimé à seulement 30 %, révélant un gap stratégique majeur que Pékin compte combler via sa domination absolue sur la filière batteries.
La compétitivité structurelle des constructeurs asiatiques, dont les coûts de production sont inférieurs de 30 % aux standards d'Europe de l'Est, permet à des leaders comme MG de s'affranchir des bonus fiscaux pour maintenir une pénétration agressive du marché.
Ce mercredi 4 mars, la Commission a enfin présenté sa proposition sur le contenu local minimum européen, après trois reports successifs. Un quatrième était même envisagé en début de semaine, avant un accord des commissaires in extremis. Malgré l’urgence face à la concurrence chinoise, Bruxelles se hâte lentement. Le directeur général de Valeo, Christophe Périllat, ironise sur les reports successifs d’un plan dit d’ « accélération industrielle » !
Le texte prévoit un contenu européen minimum de 70 % pour les véhicules vendus dans l’Union (hors batteries), qu’ils soient électriques, à hydrogène ou hybrides rechargeables. Ce seuil s'applique à la majorité des composants. Dans trois ans, il s'y ajoutera un minimum de 50 % pour les seuls systèmes électroniques et composants électriques. C’est un progrès par rapport aux « plus de 50 % » prévus en janvier dernier. Ce taux de 70 % est proche des 75 % souhaités par le gouvernement français. Il est réaliste, car il correspond au contenu européen moyen d’un véhicule français ou allemand !
Un régime dérogatoire pour les citadines
Par ailleurs, le texte prévoit un règlement plus souple pour les petits modèles électriques (moins de 4,20 mètres). Ceux-ci doivent être européens à 70 % ou intégrer trois composants clés européens pour les batteries (cinq dans trois ans). Cette disposition reste ambiguë. La proposition de Bruxelles doit permettre aux modèles made in Europe de bénéficier des bonus à l’achat et de l’accès aux marchés publics.