Le constructeur démarre dans quelques jours la production de son nouveau SUV Duster à Chennai. Après une forte expansion il y a dix ans, Renault n’occupe plus aujourd’hui que 1 % à peine du marché indien. Mais le pays redeviendra une priorité stratégique du prochain plan que François Provost, directeur général du groupe, doit dévoiler le 10 mars.Le grand retour de Renault en Inde ? La firme au losange va débuter dans les tout prochains jours la production en série de son nouveau SUV Duster en Inde, très proche du Dacia Duster III européen. Avec des premières ventes prévues en avril. Le modèle se veut le fer de lance du redémarrage industriel tricolore dans le sous-continent, sur un segment de marché en pleine expansion. Et ce, alors que le salon professionnel des composants et des solutions automobiles de Delhi se tient du 5 au 7 février. Le pays s’est hissé en 2025 au rang de troisième marché automobile mondial (4,4 millions de véhicules), derrière la Chine et les États-Unis, mais devant le Japon. Il devrait atteindre les « six millions en 2030 », explique à La Tribune Stéphane Deblaise, directeur de Renault en Inde depuis septembre.
Et, sur cet énorme marché prometteur, le Duster s’inscrit dans le segment des modèles compacts (plus de 4,30 mètres de long), « en pleine croissance, qui représente aujourd’hui 14 % du marché indien, et est un créneau rentable », souligne le dirigeant. Ce Duster sera même vendu en version hybride et bénéficiera de la même connectivité qu’en Europe, les Indiens devenant désormais très férus de technologies modernes ! La firme au losange n’exclut pas d’industrialiser à terme un grand frère du Duster, le Boréal (équivalent du Dacia Bigster en Europe).
Un marché historique de mini-voitures
Traditionnellement, le marché indien était orienté vers les mini-véhicules de moins de 4 mètres de long. Favorisés historiquement par une TVA réduite (18 %, contre 40 % pour les autres), ces véhicules représentent encore 60 % du marché total. Le hic, c’est qu’il s’agit de modèles spécifiques très difficiles à rentabiliser pour des constructeurs européens. La montée en puissance des segments supérieurs de marché, dont les véhicules sont plus proches de ceux commercialisés en Europe, est donc une bonne nouvelle.