Les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 6,55 % sur un an en janvier, selon la Plateforme automobile. Le secteur reste fragilisé par des prix élevés et l’attentisme des ménages, tandis que la transition électrique progresse surtout sous l’effet des aides publiques.
Le repli se poursuit. En janvier, 107 157 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France, soit une baisse de 6,55 % par rapport au même mois de 2025, selon la Plateforme automobile (PFA). Son porte-parole a précisé qu’il s’agissait d’un « plus bas en janvier depuis quinze ans, hors crise des semi-conducteurs en 2022 ».
Cette année-là, le marché avait été pénalisé par un choc d’offre : faute de composants électroniques, les constructeurs ne parvenaient plus à produire suffisamment de véhicules.
En janvier, la part de marché des voitures neuves électriques a grimpé à 28 %, un niveau inédit. Mais le porte-parole de PFA rappelle qu'il s'agit d'un segment « ultra soutenu » dans un marché automobile « peau de chagrin qui semble inexorablement se rétrécir ».
« Le pic de voitures électriques enregistré en janvier montre l'influence des aides à l'achat et brouille la lecture du marché », a abondé Marie-Laure Nivot, analyste du cabinet AAA Data. Les effets du leasing social, dispositif d'aide à l'achat de véhicules électriques, jouent "pleinement en janvier sur le canal des particuliers et va se poursuivre sur le trimestre avant de s'estomper", a-t-elle souligné.
En janvier, les ventes de Stellantis sont restées orientées à la baisse, avec un repli de 2,7 % du nombre de voitures particulières vendues par rapport au même mois de l'an passé. Citroën ressort en hausse (+ 2,8 %), Peugeot en baisse marquée (-8,2 %). Le groupe Renault fait un petit peu mieux qu'en 2025 (+ 1,1 %), tiré par la marque Renault (+ 20,7 %) et malgré le plongeon de Dacia (-33,9 %). Troisième plus gros acteur du marché, le groupe Toyota recule fortement par rapport à janvier 2025 (-15,5 %).
Une tendance lourde
La contre-performance s’inscrit dans une tendance lourde. En 2019, dernier exercice avant la pandémie et la poussée inflationniste, 2,2 millions de voitures avaient été vendues en France. En 2025, le total est tombé à 1 632 154 immatriculations, soit près de 580 000 véhicules de moins, un quart du marché évaporé en six ans.
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« C’est une vraie crise de volumes qui pèse sur l’industrie française et européenne », commentait alors la PFA, évoquant des répercussions en chaîne pour les constructeurs et leurs fournisseurs, jusqu’aux acteurs de la métallurgie. Selon l’organisation, 2 025 a été marquée par « l’attentisme des consommateurs » dans un contexte politique incertain.
Dans le détail, les ventes du groupe Stellantis ont reculé de 7 %, malgré la bonne tenue d’Alfa Romeo, tandis que celles de Renault ont progressé de 1,2 %, portées notamment par Alpine. Les deux groupes concentrent plus de la moitié du marché français et dominent le classement des modèles les plus vendus, avec la Clio V devant la Peugeot 208 II et la Dacia Sandero 3.
En période d’inflation et d’incertitudes politiques, les ménages privilégient l’épargne à l’achat d’un véhicule neuf. Les prix moyens « ont beau entamer un reflux » de 1,4 %, ils « demeurent souvent trop élevés pour les particuliers », souligne le cabinet AAA Data.
Selon ce dernier, un modèle essence s’affiche en moyenne à 25 657 euros (-4,6 %), contre 42 992 euros pour un véhicule électrique (-0,1 %). La tendance favorise la location longue durée, tandis que les SUV semblent se stabiliser à un niveau toujours élevé, au-dessus de 50 % du marché.
Les ventes de véhicules 100 % électriques ont progressé de 12 % en 2025, atteignant 20 % de parts de marché et franchissant la barre des 300 000 unités. Une dynamique que la PFA relativise : « La progression traduit surtout un effet mécanique lié aux aides publiques ».
Un véhicule sur deux vendu l’an dernier était hybride, contre 21,2 % à essence et 4,9 % diesel. À l’échelle européenne, la part de l’électrique a atteint 16,4 % sur les dix premiers mois de 2025, contre 13,2 % un an plus tôt, alors que l’Union européenne a renoncé mi-décembre à imposer le tout-électrique à partir de 2 035.