Le faux débat budgétaire britannique

Le budget présenté mercredi devrait être plus rigoureux que ne l'avouera Gordon Brown, tandis que les conservateurs sont moins rigoureux qu'ils ne le disent.

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L'étrange débat de cette campagne électorale devrait une nouvelle fois se confirmer avec la présentation du budget ce mercredi. Alistair Darling, le chancelier, a promis dans une interview à la BBC que le budget n'apporterait pas de cadeau surprise. Pas question, selon lui, de relâcher la discipline fiscale simplement parce le déficit sera légèrement moins mauvais qu'anticipé (il devrait être autour de 160 milliards de livres, au lieu des 178 milliards prévus, voir mon « post » précédent sur le sujet). Il devrait également détailler des mesures d'économies de fonctionnement, qui doivent s'élever à 11 milliards de livres.

Mais dans le même temps, Gordon Brown continue à tenir une rhétorique keynésienne, parlant de relance budgétaire. « Je m'oppose aux conservateurs qui veulent supprimer le stimulus dès maintenant », affirmait-il encore vendredi. Bref, il tient des propos généreux, tout en passant des mesures plutôt dures.

L'argument du leader britannique est d'autant plus fallacieux qu'il n'y a plus de stimulus budgétaire en Grande-Bretagne. La TVA, qui avait été baissée pendant treize mois, a été remise à son niveau précédent de 17,5% en janvier. La prime à la casse pour les voitures arrive à échéance à la fin du mois, et il n'est pas question de la renouveler. Bref, l'essentiel des mesures de relance prises à l'automne 2008 sont terminées.

Il reste la vraie décision qui a soutenu l'économie : la baisse des taux d'intérêt à 0,5%. Et là, les conservateurs comme les travaillistes espèrent que cela restera en place le plus longtemps possible -mais ce n'est pas eux qui peuvent en décider, la banque d'Angleterre étant indépendante.

Par ailleurs, les conservateurs promettent de commencer à réduire le déficit dès cette année, mais David Cameron a aussi tenu à rassurer : les coupes seront limitées tant que la reprise ne sera pas solide. L'absence de chiffres précis rend la mesure de leur politique très difficile.

En clair, les travaillistes font des économies sans le dire, tandis que les conservateurs fanfaronnent sur les économies à venir mais en évitant d'en donner les détails. Certes, à la marge, il existe quelques nuances. Les conservateurs iraient un peu plus vite dans la réduction du déficit. Mais à six mois ou un an près, l'approche des deux principaux partis britanniques est la même. Attendez-vous pourtant mercredi à un débat aussi vigoureux que faux, où chacun accusera l'autre de mettre en danger l'économie. Ce genre d'opposition rhétorique s'appelle une campagne électorale...

 

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