Attention à la hausse de la TVA

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Le troisième débat électoral britannique porte ce jeudi soir sur l'économie et surtout le déficit. Alors qu'aucun parti n'ose expliquer quels dépenses publiques il réduira, ils pourraient être tentés par une hausse de la TVA

Et maintenant mesdames et messieurs, la hausse de la TVA ! Les prestidigitateurs politiques britanniques vont-ils bientôt sortir de leur chapeau une hausse de cet impôt tellement inégalitaire mais ô combien efficace ?
La tentation est certainement là. Quel que soit le gouvernement en place après le 6 mai, il héritera d?un déficit abyssal : 12,2% du PIB en 2009/2010 (selon la définition des critères de Maastricht). Si la dette reste raisonnable (autour 71% du PIB), il est urgent de réduire le trou budgétaire. Tous les partis s?y engagent. Mais ils ne disent pas comment.
Une étude assassine de l?Institute for Fiscal Studies (voir le lien ici) ce mardi affirmait que les travaillistes n?ont explicité que 14% des mesures qui leur permettront de réduire le déficit ; les conservateurs 18% ; et les lib-dems 25%.
Quant au reste, à l?énorme reste, la grande majorité du reste, pas un mot. Motus. Des budgets de rigueur douloureux sont attendus et on comprend que les hommes politiques ne veulent pas effrayer les électeurs une semaine avant les élections. Mais il y a aussi un vrai non-dit en ce qui concerne la hausse des impôts. Les travaillistes prévoient une hausse de la contribution sociale de 1% l?année prochaine. Les conservateurs s?y opposent.
Or, quel autre impôt que la TVA permet de lever facilement de l?argent en grande quantité ? D?ailleurs, aucun parti n?exclut d?augmenter la TVA. De plus, la TVA britannique à 17,5% est légèrement inférieure à la moyenne européenne (autour de 20%). La tentation est telle que la société de gestion d?actifs Schroders a décidé d?incorporer dans ses prévisions une TVA à 19%. « Non seulement cela apporterait une contribution significative au trou noir budgétaire, mais c?est aussi la façon la plus efficace d?augmenter les recettes rapidement », estime Azad Zangana, économiste à Schroders.
D?ailleurs, quand il a fallu relancer l?économie fin 2008, c?est une baisse de la TVA que Gordon Brown avait choisi de mettre en place. La réduction de 2,5% avait coûté à l?époque 12,5 milliards de livres. Une telle somme est environ le quart de ce que le prochain gouvernement devra trouver chaque année d?ici 2015, pour réussir à faire revenir le déficit à environ 3% du PIB. Pour le prochain locataire de Downing Street, ce sera extrêmement tentant.
 

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