Brown gris

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Pour la troisième fois, les trois principaux leaders britanniques ont débattu à la télévision. Les sondages instantanés donnent David Cameron vainqueur, mais de peu, devant Nick Clegg. En revanche, tous sont d'accord: Gordon Brown est bon dernier.

La situation devient catastrophique pour Gordon Brown. Le troisième et dernier débat télévisé de cette campagne électorale, organisé à Birmingham, était sa dernière chance de rebondir. Le sujet était sur l'économie, en principe son point fort.

Mais rarement Gordon Brown aura été aussi tendu. Il faut dire qu'il est arrivé dans le débat de la pire des manières. La veille, mercredi, il a fait une énorme gaffe, qui n'aurait d'habitude guère intéressé si elle n'était pas révélatrice de son caractère. Il avait insulté sous cape ("femme sectaire") une électrice qui l'avait interpellé sur l'immigration. Les médias britanniques, comme d'habitude extrêmement virulents, ont tous réagi ensemble, estimant que cela symbolisait le côté colérique et désagréable de Gordon Brown.

L'actuel premier ministre aurait pu se rattraper sur l'économie et il a bien essayé. Son principal argument? Les Tories mettront l'économie en danger en réduisant le déficit dès cette année. Mais il tournait à vide, d'autant que les Tories n'envisagent que de réduire le déficit de 6 milliards de livres cette année, soit 1% du budget de l'Etat: pas de quoi fondamentalement changer la donne.

Surtout, après 13 ans au pouvoir et 3 ans à Downing Street, Gordon Brown n'a désormais qu'un seul argument: faire peur face au possible retour des Tories au pouvoir. C'est un peu court.

Paddy Ashdown, l'ancien leader des lib-dems, résumait bien la situation après le débat: "c'est désormais un affrontement entre deux candidats." Sous-entendu: entre Nick Clegg et David Cameron. Bref, Gordon Brown est maintenant exclu.

Entre les deux autres, le débat a sans doute légèrement tourné à l'avantage de David Cameron. C'est en tout cas ce que disent les sondages instantanées, donnant Cameron à entre 35% et 41% d'approbation, Nick Clegg étant entre 30% et 33%. Nick Clegg a en particulier eu du mal à s'expliquer sur deux sujets: l'amnestie qu'il propose pour les immigrés illégaux présents en Grande-Bretagne depuis dix ans ("ce n'est pas une amnestie", affirme-t-il contre toute évidence); et sur sa volonté de joindre l'euro, qu'il refute mais qui est écrit noir sur blanc dans son programme. Mais le débat ne marquera sans doute pas un vrai changement entre les deux.

Reste le plus triste de ce troisième débat: aucun des trois candidats n'a dévoilé les coupes budgétaires qu'il comptait faire s'il arrivait au pouvoir. Ce n'est guère une surprise, mais ceux qui auraient souhaité de la transparence auront été déçus. C'est dommage: quel que soit le vainqueur, la réduction du déficit sera son plus grand défi.

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