Le nouveau couple qui va contrôler la City

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Les marchés britanniques ont accueilli avec soulagement George Osborne et Vince Cable, les nouveaux chancelier de l'échiquier et ministre des entreprises. Elle pourrait le regretter...

(Ceci est la reproduction de la Chronique de la City, publié tous les samedis dans La Tribune numérique.)

À droite, George Osborne, 38 ans, conservateur, plus jeune chancelier de l'Echiquier depuis un siècle. A gauche, Vince Cable, 67 ans, libéral-démocrate, nouveau ministre des entreprises, « véritable star » de l'économie à en croire les mots de David Cameron, le Premier ministre. Voilà les nouveaux hommes forts de l'économie britannique, et le sort de la City dépend en grande partie des nouvelles régulations qu'ils décideront.

On respire enfin

Initialement, les marchés ont semblé se réjouir de leur arrivée au pouvoir. Enfin, après cinq jours d'incertitude, un gouvernement avait été nommé. Enfin, après treize années, les travaillistes étaient partis. Enfin, après des relations tendues avec Downing Street, les financiers allaient pouvoir respirer.

Ou du moins semblent-ils le croire... Mais les relations avec les nouveaux ministres pourraient rapidement se détériorer. L'accord de coalition entre conservateurs et libéraux-démocrates est clair : « une taxe bancaire sera introduite. (...) Nous allons faire des propositions détaillées pour lancer une action robuste pour arrêter les bonus inacceptables dans les services financiers. (...) Les deux partis (...) vont établir une commission pour enquêter sur le sujet complexe de la séparation des banques de détails et d'investissement. »

Certes, une lecture entre les lignes de ces promesses peut donner espoir aux golden-boys. Le rapport sur la séparation des banques ne sera remis que dans un an ; il y a peu de détails sur la taxe bancaire, laissant espérer que la Grande-Bretagne suivra simplement les discussions du G20 sur le sujet ; quant aux bonus, rien de précis n'est évoqué.

Bonus maximal de 2.500 livres

Pourtant, les deux hommes ne cachent pas leur détermination à agir. Vince Cable en particulier, ancien économiste de Shell, est l'un des plus virulents contre les dérives bancaires. Dans le programme des libéraux-démocrates, il avait mis en avant une série de mesures radicales. Il propose que les bonus soient limités à... 2500 livres (2800 euros) en cash. Au-delà, tout devrait être payé en actions.

Pire encore pour les grands patrons : personne au conseil d'administration d'une banque ne pourrait recevoir de bonus. Et les banques affichant des pertes n'auraient pas le droit de payer des bonus.

Ce programme radical sera nécessairement dilué avec l'exercice du pouvoir. Mais Vince Cable fera partie d'un comité sur la réforme bancaire, qui sera présidé par George Osborne. Les deux hommes ont bien l'intention de passer des réformes.

Surenchère

Quant à George Osborne, s'il est instinctivement libéral, il est aussi parmi les plus fervents partisans de la séparation des banques entre branche de détail et d'investissement. Avec Barack Obama qui penche pour la même solution aux Etats-Unis, cela signifie que les gouvernements des deux principaux centres financiers mondiaux sont désormais d'accord.

Un dernier point enfin, à faire froid dans le dos d'un banquier : George et Vince ne s'entendent pas bien. Ils pourraient être tentés de faire de la surenchère, dans un concours de muscles anti-financiers. Le premier gouvernement de droite britannique depuis treize ans pourrait bien ne pas être tendre avec la City.

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