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Citroën C4 Aircross : un (vrai faux) 4x4 tricolore conçu et produit... au Japon

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 27 juillet 2012 à 14:00

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Ce tous chemins français ressemble à une vraie Citroën. Mais, malgré un avant et un arrière habilement redessinés, un diesel PSA, il s'agit bel et bien d'un... Mitsubishi ASX japonais, conçu et produit dans l'archipel. Plutôt plaisant, jouissant de la réputation de fiabilité attachée aux produits nippons, l'Aircross est... malheureusement cher.

Mitsubishi est le fournisseur attitré de PSA en 4x4? du moins jusqu?à ce que les premiers fruits de la récente alliance du français avec GM ne voient le jour. En attendant, après l?Outlander, alias Peugeot 4007 et Citroën C Crosser, le japonais fournit maintenant son « petit » ASX aux deux marques tricolores. Aux côtés du Peugeot 4008, voici donc le C4 Aircross. Un habile tour de passe-passe. Plaisamment retouché à l?avant, à l?arrière et au niveau de la troisième vitre latérale, le C4 Aircross passe visuellement pour un pur produit de la firme aux chevrons. Avec un indéniable air de famille. Bravo. Car ce C4 Aircross n?est fondamentalement qu?un? Mitsubishi, conçu et produit au Japon. Il partage vitrages, portières, intérieur et toute la base roulante - optimisée par les ingénieurs français - avec l?ASX nippon. Bref, du « made in Japan », à part quelques détails et un diesel issu de la banque d?organes PSA.

Version raccourcie du C-Crosser

Arrivé deux ans après l?ASX, ce C4 Aircross reprend la même plate-forme que le « gros » Mitsubishi Outlander et donc que le C-Crosser. Mais, il est raccourci aux niveaux des porte-à-faux avant et arrière. Il ne mesure que 4,34 mètres de long. Rien à voir avec les mastodontes vilipendés par les anti-4x4 ! Ce C4 Aircross plutôt avenant circulera donc discrètement en ville, sans problème. Cette nouvelle race de véhicules, arborant des traits de 4x4 mais reprenant les caractéristiques techniques d?une simple berline, représente une solution alternative aux monospaces type Peugeot 3008 ou C4 Picasso.

Noir, c?est noir

Si PSA a mis de l?argent pour revoir l?esthétique extérieure, il a repris en revanche tel quel l?habitacle du Mitsubishi, à deux trois détails près (ordinateur de bord, façade audio-GPS). C?est donc bien assemblé, à la japonaise, avec des plastiques solides mais d?apparence assez ordinaire, et une ambiance noirâtre triste. On retrouve avec plaisir une planche de bord peu originale, mais nette, propre, avec une position de conduite aisée à trouver ? mais l?accoudoir central est trop en retrait et non réglable en hauteur. Simple et judicieux. Les sièges sont bien dessinés. Le revêtement desdits sièges n?est pas critiquable pour sa partie tissu avec un peu de velours. Mais les morceaux de faux cuir, en plastique bas de gamme, sont inacceptables. Ca rappelle les Lada d?il y a trente ans ! L?habitabilité, héritée de l?Outlander, est bonne, mais au détriment d?un coffre réduit. Accessibilité (à l?avant) et visibilité n?appellent pas de critique. C?est l?avantage de la simplicité relative des lignes.

Un diesel réussi

Sur cette version d?entrée de gamme, nous avons droit au diesel PSA de 1,6 litre de cylindrée et 115 chevaux. Cette excellente mécanique doit certes composer avec le poids, assez élevé. On ne retrouve donc pas tout à fait la vivacité et l?onctuosité qui nous avaient frappés sur d?autres modèles Citroën comme la DS4. Mais elle reste plaisante. Bien plus que le moteur Mitsubishi de 1,8 litre et de puissance équivalente qui meut l?ASX. Le moteur PSA est beaucoup plus doux et progressif. Il n?est pas creux à bas régime comme celui de l?ASX que nous avons aussi testé. Le diesel PSA, bien plus civilisé, ne distille d?ailleurs aucun à-coup, contrairement à celui de l?ASX. Bref, les français ont fait du très bon travail. Même si ce moteur est un peu juste pour mouvoir un tel engin.

"Stop and Start" capricieux

Citroën reprend le système de « Stop and Start » (arrêt et redémarrage automatiques du moteur au feu rouge) japonais. Il ne s?agit donc pas ici du très fluide système utilisé sur les C4 ou DS4. Dommage. Le « Stop and Start » nippon est plus rugueux. Et, surtout, il a refusé par trois fois durant notre essai de redémarrer, émettant même un crissement désagréable comme un démarreur que l?on cherche à forcer? alors que nous ne touchions à rien. Curieux. Nous n?avions pas noté cet inquiétant phénomène avec le Mitsubishi ASX. Citroën reprend aussi la boîte de vitesses de l?ASX, accrocheuse. Mais, les transmissions de PSA ne sont pas non plus formidables. Alors? Avec le moteur français, cette boîte se révèle cependant moins rêche que sur l?ASX ! Aucune boîte automatique n?est disponible. Les consommations sont contenues : 5,8 litres aux cents sur route. Mais ça grimpe dans les embouteillages. Pour 2.000 euros de plus, Citroën offre une version de 150 chevaux, équipée alors du moteur nippon 1,8 litre mais porté ici à 150 chevaux. Bof, pas indispensable. On aura davantage de chevaux, mais ce moteur est plus rude dans son fonctionnement.

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Châssis amélioré

Les ingénieurs de PSA ont aussi retravaillé les liaisons au sol. On ne retrouve pas l?efficacité et le toucher de route des autres Citroën. Mais, le résultat est bien meilleur qu?à bord de l?ASX. Le train avant se montre notamment plus docile. Même s?il cherche sa voie si l?on accélère trop franchement sous la pluie, voire sur le sec, car la motricité demeure médiocre. Le comportement à haute vitesse et sur route sinueuse dégradée se montre nettement plus précis. Mais la voiture reste un peu floue dans les virages, avec un manque de ressenti de la direction peu plaisant. PSA a toutefois rendu la voiture autrement plus sûre et agile. Les suspensions, souples, favorisent le confort. De fait, elles encaissent convenablement les mauvais revêtements. Et on ne retrouve plus les trépidations de l?ASX ! Question confort, c?est donc satisfaisant. Nous avons noté aussi une meilleure insonorisation du côté des suspensions.

Allure de « baroudeur » mais simple traction avant

L?allure typée « baroudeur » du véhicule ne doit pas faire allusion. Notre Aircross d?essai était une simple version 4x2, à traction avant. Dans ces conditions, le Citroën ne pourra pas grand-chose sur des chemins un tant soit peu boueux. De plus, la garde au sol peu élevée limitera la bonne volonté sur chemins non revêtus secs. Pour 1.800 euros de plus, on peut toutefois opter pour une transmission intégrale aux quatre roues, dont Mitsubishi est un spécialiste mondial. C?est un vrai « plus » pour la sécurité et la polyvalence. Les quatre roues motrices seront les bienvenues dans les régions à climat rude ou pour ceux qui doivent emprunter des chemins de campagne.

Proposition honnête

Arrivé tardivement sur le marché, le C4 Aircross, plus raffiné que l?ASX de Mitsubishi grâce à un moteur plus plaisant et divers réglages judicieux, est une proposition honnête. Mais l?agrément est en retrait par rapport à un Volkswagen Tiguan. L?Aircross est également moins doux à l?usage que le Renault Koleos. En outre, au sein de la gamme aux chevrons, il finit pas faire doublon avec d?autres modèles (DS4, C4 Picasso). On a l?impression que ce vrai faux 4x4 arrive dans les concessions au moment où Citroën n?en a plus vraiment besoin. En tous cas, les amateurs peuvent être rassurés par l?excellente réputation attachée aux produits fabriqués au Japon. Rappelons que le « made in Japan » est régulièrement plébiscité par les enquêtes de satisfaction auprès des consommateurs à travers le monde en matière de fiabilité. Le C4 Aircross devrait donc a priori se montrer robuste et durable.

Tarifs élevés

Malheureusement, les tarifs ne constituent pas une bonne nouvelle ! Produit au Japon, le C4 Aircross pâtit de la forte hausse de la devise nippone. Il y a aussi des coûts logistiques. Il faut envoyer les diesels de France vers le Japon pour les monter dans les carrosseries, et ramener les produits complets. En plus, il faut ici rémunérer Mitsubishi, qui a développé le véhicule et le fabrique, ainsi que Citroën qui le distribue. Les deux marges s?accumulent. Bref, le véhicule est cher dans sa catégorie, sans que ses qualités ne le justifient vraiment. Comptez 26.300 euros pour la finition de base Attraction avec le HDi 115. Notre modèle de test en finition intermédiaire Confort coûte 28.100 euros, en apportant quelques détails un peu plus raffinés. C?est beaucoup, alors que 25.500 euros suffisent pour se procurer le Mitsubishi ASX Intense équivalent. Un comble ! Pour égayer un peu l?extérieur, les peintures métallisées sont en option à 640 euros, avec des teintes agréables comme le rouge Chili ou le brun Mangaro ! Pour 850 euros, on disposera d?un toit vitré, mais non ouvrant. Pour 800, on aura les grandes jantes de 18 pouces (à éviter). Pour? 2.300 euros, le GPS arrive, couplé à un système d?aide au stationnement arrière avec caméra de recul. C?est beaucoup !

Alain-Gabriel Verdevoye

Modèle d?essai :Citroën C4 Arcross HDi 115 4x2 Confort : 28.100 euros

Puissance du moteur : 115 chevaux (diesel)

Dimensions : 4,34 mètres (long) x 1,80 (large) x 1,63 (haut)

Qualités : moteur diesel agréable et plutôt sobre, châssis (relativement) sain et confortable, fabrication rigoureuse, habitabilité, ligne plaisante, réputation de robustesse du « made in Japan »

Défauts : prix trop élevé, passage des vitesses rêche, « Stop and start » perfectible, direction floue, motricité médiocre, intérieur triste, coffre limité

Concurrents : Mitsubishi ASX 1,8 DI 115 Intense 4x2 : 25.500 euros ; VW Tiguan TDi 110 : 25.950 euros ; Kia Sportage 1,7 CRDi 4x2 Active : 26.890 euros

Note : 13,5 sur 20

Alain-Gabriel Verdevoye

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