Les TIC, une excellence tunisienne qui se développe en partenariat avec la France

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Axelle Lemaire en compagnie de Tawfik Jelassi, ministre tunisien de l'Enseignement supérieur et des TIC, au salon ICT4ALL, le 24 septembre.
Axelle Lemaire en compagnie de Tawfik Jelassi, ministre tunisien de l'Enseignement supérieur et des TIC, au salon ICT4ALL, le 24 septembre. (Crédits : DR)
Le secteur des TIC ne cesse de se développer en Tunisie. Avantages, partenariats, tout est fait pour attirer les entreprises françaises dans le secteur du numérique, dans un esprit « gagnant-gagnant ».

« La Tunisie sort du lot dans la région, s'enthousiasme Zohra Sadok, conseillère export du bureau tunisien d'Ubifrance. Le pays compte de vraies compétences et de très bonnes écoles d'ingénieurs dans le numérique ».

Chaque année 13 000 diplômés en sortent. Principal concurrent régional : le Maroc. Une concurrence qui n'a pas de quoi effrayer Tunis, tempère Ubifrance qui estime que les coûts (salaires, immobilier, télécoms...) y sont 30% inférieurs qu'au royaume chérifien.

Les deux pays ne proposent pas les mêmes services, ajoute Mustapha Mezghani, conseiller au ministère tunisien de tutelle :

« Le Maroc est davantage centré sur des activités de BPO [business process outsourcing], d'externalisation et d'assistance, alors qu'en Tunisie nous sommes spécialisés dans le développement et la recherche, mais aussi la tierce maintenance applicative, les activités à plus forte valeur ajoutée. »

Une stratégie nationale ambitieuse

« Les TIC en Tunisie pâtissent d'un déficit d'image. Nous devons faire un effort en ce sens », nuance Mustapha Mezghani.

Pourtant, le secteur représente 7 % du PIB, autant que celui du tourisme, et depuis la révolution, la stratégie nationale voit large avec son programme « Tunisie Digitale 2018 ». Lancé en 2013, il ambitionne d'encourager l'e-business, l'e-gouvernement, etc. et de multiplier par trois la valeur ajoutée du secteur, tout en créant 80 000 emplois en cinq ans.

Les incitations ne manquent pas pour les entreprises étrangères : exonérations d'impôts, primes d'investissement, bourse de 700 dinars (300 euros) par an pour chaque nouvelle embauche. Autre coup de pouce : une bourse de formation de 5000 dinars par an et par employé (environ 2 200 euros), car « certaines compétences comme les soft skills - niveau de langue, communication, comportement - peuvent être améliorées », admet le conseiller du ministre.

Une alliance franco-tunisienne pour le numérique (ANFT) a été lancée dès juillet 2013 pour encourager les entreprises des deux rives à travailler ensemble. Trente-six ont depuis fait équipe, dont une dizaine de membres du groupement tunisien d'externalisation informatique Get It, dirigé par Khaled Mehiri :

« Avant, des sociétés françaises venaient débaucher nos collaborateurs, parfois à bas salaire. Cette alliance a été une bouffée d'oxygène, elle a permis de démystifier le mot offshoring et de valoriser notre complémentarité. »

Les deux pays multiplient les actions de rapprochement : missions de prospection à l'étranger subventionnées par la Dimed (Délégation interministérielle à la Méditerranée, rattachée aux services du Premier ministre), et présence dans des salons comme, ICT4All à Hammamet, ou le Gitex, à Dubaï.

Une alliance pour cibler les nouveaux marchés

Ces binômes visent les marchés internationaux, principalement l'Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient, où les entreprises tunisiennes apportent à leurs consoeurs françaises leur proximité culturelle avec ces pays.

Exemple souvent mis en avant : la coentreprise Cassiopae MEA. Main dans la main, le spécialiste de la finance Oxia et l'éditeur Cassiopae gèrent une partie de leur recherche et développement, et commercialisent leur progiciel de gestion de financement, depuis Tunis. Ils ont remporté des appels d'offres de l'Algérie à l'Afrique de l'Ouest, en passant par l'Arabie saoudite et l'Égypte. Leurs projets s'étendent désormais jusqu'en Corée du Sud. En quatre ans, les effectifs français ont été multipliés par dix en Tunisie, par cinq en France. « L'alliance franco-tunisienne pour le numérique a surtout donné de la visibilité à notre success story de coproduction, un modèle auquel peu d'entreprises françaises du numérique pensent pour gagner en compétitivité sur un marché mondial ultra-concurrentiel et trouver de nouveaux relais de croissance », se réjouit Amine Aloulou, directeur commercial d'Oxia.

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Commentaires
a écrit le 26/12/2014 à 12:25 :
Encore un publireportage sur la Tunisie...

[« Le Maroc est davantage centré sur des activités de BPO [business process outsourcing], d'externalisation et d'assistance, alors qu'en Tunisie nous sommes spécialisés dans le développement et la recherche, mais aussi la tierce maintenance applicative, les activités à plus forte valeur ajoutée. »]

C'est marrant d'observer comment les maghrébins s'entredéchirent pour déguiser le gros de leur activité dans les TIC: les centres de d'appels. Malgré le discours commercial vantant l'excellence locale, la réalité est bien moins réjouissante pour tout français ayant eu en relation un pseudo-expert des TIC externalisé...
a écrit le 26/12/2014 à 11:11 :
Il existe une certaine ambiguité chez ceux qui râlent contre une immigration trop importante, et qui râlent aussi quand ces pays à l'origine de cette immigration font tout pour donner du travail sur place à leur jeunesse qui à son tour fait travailler le tissu local.
a écrit le 26/12/2014 à 10:05 :
NTIC sa mère ! :-)
(Humour)
Réponse de le 26/12/2014 à 14:10 :
Euréka enfin j'ai compris merci ! ils avaient fait une coquille en oubliant le N , merci j'en dormais plus .
Réponse de le 27/12/2014 à 16:57 :
Ah ah ah !
a écrit le 25/12/2014 à 22:11 :
Un article de plus qui n'incite pas à s'orienter vers les métiers de l'informatique. La main d'oeuvre off-shore sera toujours plus compétitive que la notre. Il ne reste plus aux jeunes Français qu'à devenir cuisiniers...
Réponse de le 26/12/2014 à 7:33 :
Mais non les jeunes français eux peuvent s'orienter vers les NTIC
Réponse de le 26/12/2014 à 15:50 :
"Il ne reste plus aux jeunes Français qu'à devenir cuisiniers..."

C'est pratiquement inévitable puisque les françaises ont déserté le tablier pour la manucure...
a écrit le 25/12/2014 à 17:35 :
L'article aurait gagné en clarté si le rédacteur avait pris la peine de définir ce que sont les "TIC"
Réponse de le 25/12/2014 à 18:10 :
tout a fait d'accord , je suis complètement largué dans les codes à par Swoden !

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