Les TIC, une excellence tunisienne qui se développe en partenariat avec la France

Camille Lafrance, à Tunis

Camille Lafrance, à Tunis
Chaque année 13 000 diplômés en sortent. Principal concurrent régional : le Maroc. Une concurrence qui n'a pas de quoi effrayer Tunis, tempère Ubifrance qui estime que les coûts (salaires, immobilier, télécoms...) y sont 30% inférieurs qu'au royaume chérifien.
Les deux pays ne proposent pas les mêmes services, ajoute Mustapha Mezghani, conseiller au ministère tunisien de tutelle :
Pourtant, le secteur représente 7 % du PIB, autant que celui du tourisme, et depuis la révolution, la stratégie nationale voit large avec son programme « Tunisie Digitale 2018 ». Lancé en 2013, il ambitionne d'encourager l'e-business, l'e-gouvernement, etc. et de multiplier par trois la valeur ajoutée du secteur, tout en créant 80 000 emplois en cinq ans.
Les incitations ne manquent pas pour les entreprises étrangères : exonérations d'impôts, primes d'investissement, bourse de 700 dinars (300 euros) par an pour chaque nouvelle embauche. Autre coup de pouce : une bourse de formation de 5000 dinars par an et par employé (environ 2 200 euros), car « certaines compétences comme les soft skills - niveau de langue, communication, comportement - peuvent être améliorées », admet le conseiller du ministre.
Une alliance franco-tunisienne pour le numérique (ANFT) a été lancée dès juillet 2013 pour encourager les entreprises des deux rives à travailler ensemble. Trente-six ont depuis fait équipe, dont une dizaine de membres du groupement tunisien d'externalisation informatique Get It, dirigé par Khaled Mehiri :
Les deux pays multiplient les actions de rapprochement : missions de prospection à l'étranger subventionnées par la Dimed (Délégation interministérielle à la Méditerranée, rattachée aux services du Premier ministre), et présence dans des salons comme, ICT4All à Hammamet, ou le Gitex, à Dubaï.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Ces binômes visent les marchés internationaux, principalement l'Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient, où les entreprises tunisiennes apportent à leurs consoeurs françaises leur proximité culturelle avec ces pays.
Exemple souvent mis en avant : la coentreprise Cassiopae MEA. Main dans la main, le spécialiste de la finance Oxia et l'éditeur Cassiopae gèrent une partie de leur recherche et développement, et commercialisent leur progiciel de gestion de financement, depuis Tunis. Ils ont remporté des appels d'offres de l'Algérie à l'Afrique de l'Ouest, en passant par l'Arabie saoudite et l'Égypte. Leurs projets s'étendent désormais jusqu'en Corée du Sud. En quatre ans, les effectifs français ont été multipliés par dix en Tunisie, par cinq en France. « L'alliance franco-tunisienne pour le numérique a surtout donné de la visibilité à notre success story de coproduction, un modèle auquel peu d'entreprises françaises du numérique pensent pour gagner en compétitivité sur un marché mondial ultra-concurrentiel et trouver de nouveaux relais de croissance », se réjouit Amine Aloulou, directeur commercial d'Oxia.
Camille Lafrance, à Tunis