Nicolas Hazard, Comptoir de l'Innovation, le financeur d'alternatives

 |   |  334  mots
Nicolas Hazard, le Comptoir de l'Innovation / DR
Nicolas Hazard, le Comptoir de l'Innovation / DR (Crédits : DR)
[PORTRAIT] L’économie sociale et solidaire est la grande révolution copernicienne : même des sociétés anonymes « classiques », respectant les règles de l’économie de marché, cherchent du sens et une utilité sociale dans le qualificatif d’économie sociale et solidaire. Portraits de ces chercheurs de solutions nouvelles qui changent le monde.

Si tous les chemins mènent à Rome, Nicolas Hazard vous dira que certains sont plus rapides que d'autres. En 2006, souhaitant participer à la campagne de Romano Prodi, en lice pour la présidence du Conseil italien face à Silvio Berlusconi, il a adressé mails et appels demeurés sans réponse.

Alors jeune diplômé de Sciences Po et HEC, il est parti faire le siège du QG du parti Unione jusqu'à rencontrer le candidat qui, séduit par cette audace, l'a embauché. Une fois son mentor élu, Nicolas Hazard est devenu « le frenchie qui s'occupait des relations européennes ».

Après cette première expérience « très riche », il fonde plusieurs start-up, notamment dans le commerce international, avant de s'engager dans l'entrepreneuriat social.

En 2009, il prend la vice-présidence du Groupe SOS, notamment pour s'occuper des questions européennes, au sein de ce réseau pilier de l'économie sociale et solidaire, fort de 300" établissements.

« J'ai constaté qu'il existait des financements d'amorçages pour les projets sociaux, mais à partir de 500.000 euros recherchés, il n'y avait plus d'offre. Nous avons donc décidé de lancer un fonds pour investir des participations de ce montant, ou plus », explique l'entrepreneur de 31 ans.

Depuis trois ans, le Comptoir de l'innovation finance des entreprises sociales, mais dispense aussi ses conseils à des banquiers classiques et des industriels.

« De grandes entreprises ont le désir de fonder des filiales sociales. Nous avons travaillé avec Renault, Danone, Total, mais aussi BNP Paribas et la banque américaine JP Morgan. »

Pour s'adresser aussi aux petites entreprises, le Comptoir de l'innovation cofinance avec Bpifrance et la ville de Paris l'incubateur « Social good lab », dédié aux technologies à impact social. Le Comptoir de l'innovation conseille également la ville de Séoul, le gouvernement luxembourgeois, des fonds américains et la Wallonie.

« Les outils financiers qui existent conviennent pour financer les entreprises sociales. Il faut maintenant que les institutionnels comme les particuliers osent investir massivement dans ce secteur. Le crowdfunding peut contribuer à cet essor. »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :