Paulin Dementhon, ça roule très bien pour l'autopartage

Perrine Créquy

Perrine Créquy
Dans les couloirs du métro parisien, il a fait poser des affiches de 4 x 3 mètres aux couleurs «flashy» : bleu cyan et rose fuchsia. Paulin Dementhon sait en mettre plein la vue pour donner de la visibilité à Drivy, son service de location de voitures de particulier à particulier. Environ 16.000 personnes proposent leur véhicule à la location via sa plate-forme, utilisée par 250.000 membres voulant prendre la route pour de petits trajets ou des escapades sur un week-end. Il prévoit d'étendre son service en Espagne et en Allemagne.
Pour autant, cet entrepreneur de 35 ans, discret et humble, ne cherche pas à faire la une des médias. Même quand il a levé 6 millions d'euros en mai dernier, auprès de ses actionnaires historiques Alven Capital et Index Ventures, qui avaient d'abord investi 2 millions d'euros en 2012. Il a simplement annoncé l'opération en marge de OuiShare Fest, l'événement annuel qui réunit la communauté de l'économie du partage.
« C'était une bonne occasion, car la communauté OuiShare compte pour nous », commente Paulin Dementhon, qui a alimenté la réflexion d'Antonin Léonard, cofondateur de OuiShare.
Paulin Dementhon a créé seul cette société à Marseille, après avoir mûri un premier projet qui n'a pas abouti : Quivaou. Ce projet d'application mobile de covoiturage pour de courts trajets en ville lui a toutefois permis d'explorer le marché du partage automobile et du numérique.
Après ses études à HEC, il a en effet fait carrière au sein du groupe de transport maritime CMA-CGM, à Marseille, à Hong Kong et à São Paulo, où il dirigeait les activités marketing pour l'Amérique du Sud.
Il a changé de voie à la faveur de « la crise de la trentaine», pour « ne pas rester enfermé à vie dans cette industrie très spécialisée».
En 2010, le démarrage de Drivy est poussif. Le concept de services de particulier à particulier émerge à peine. Drivy reçoit un coup d'accélérateur quand Paulin Dementhon décide d'emménager à Paris, dans les locaux de BlaBlaCar (ex-Covoiturage.fr), qui lui ouvre ses contacts.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Peu après, il embauche un premier salarié, et Nicolas Mondollot le rejoint comme associé :
C'est un ancien maître de stage de Paulin Demonthon, Thierry Vandewalle, qui a investi le premier, après avoir cédé sa société Wcube à Publicis :
Drivy vient d'ouvrir sept nouveaux postes, et comptera ainsi bientôt 30 salariés. Paulin Dementhon planche d'ores et déjà sur l'organisation qu'il faudra mettre en place quand il dirigera 150 salariés.
En janvier dernier, il a été invité au 10, Downing Street à Londres, avec quelques entrepreneurs européens de l'économie du partage, triés sur le volet.
Il a rappelé ce point, au nom de l'ensemble des acteurs du secteur, lors d'une intervention au Sénat en février dernier, dans le cadre d'un rapport d'information sur les tendances et les opportunités du commerce électronique. À l'occasion, il témoigne également devant des aspirants entrepreneurs, à l'École centrale ou lors des formations du Wagon, qui apprend à coder aux créateurs de sociétés.
« Superactif et infatigable», selon ses proches, ce fan de sport, comme le kitesurf, fait escale à Marseille chaque week-end, pour partir ensuite se mettre au vert et explorer de nouveaux horizons en compagnie de son fils de 7 ans. Son cap : éviter le train-train.
_____
>>> MODE D'EMPLOI
Où le rencontrer ? : Du 12 au 14 juin prochains, dans les bureaux de Drivy à l'occasion des Journées du patrimoine des start-up (rebaptisées « Start-up Assembly »). « J'interviens également dans une sélection d'événements, comme OuiShare Fest, et dans les formations du Wagon et de l'École centrale Paris. »
Comment l'aborder : « Je reçois des demandes de conseils chaque jour. Je réponds volontiers aux entrepreneurs qui exposent clairement leur projet et dont le business model est proche du nôtre. »
À éviter ! Refuser une visioconférence en dehors des heures de bureau : « Je n'ai pas le temps de répondre aux questions pendant la journée, donc si vous voulez échanger avec moi, nous conviendrons d'un rendez-vous par Skype un soir ou un dimanche. »
>>> TIMELINE
Perrine Créquy