Séverin Marcombes, l'entrepreneur sans limites

Perrine Créquy

Perrine Créquy
Le calme avant la tempête. Séverin Marcombes, 27 ans, finalise les préparatifs du lancement commercial, en septembre, de son premier produit : Lima, un boîtier qui tient dans une poche et qui permet d'unifier la mémoire de ses ordinateurs - Mac et PC -, smartphones et tablettes, en offrant la disponibilité du cloud computing, tout en gardant le contrôle de ses données. Plutôt que de se répandre en explications, le fondateur de la société Forgetbox, qu'on appelle désormais Lima, préfère lancer une vidéo de démonstration.
En deux minutes, le film tourné à la mi-juin lors du festival du numérique Futur en Seine, montre comment le boîtier, branché sur une box Internet et sur un disque dur externe, devient la mémoire de tous vos appareils, vous permettant de récupérer en moins de deux secondes sur votre ordinateur au bureau la dernière version du document que vous avez créé à votre domicile puis annoté via votre smartphone. Tout en soulignant qu'il reste consultable sans connexion Internet.
Quand il a lancé sa campagne sur le site de crowdfunding américain, le 10 juillet 2013, refusant de se laisser décourager par ceux qui lui déconseillaient l'opération sur ce site, car « trop compliquée pour un Français », il cherchait à engranger 1000 précommandes pour financer une première production de son appareil en Chine. L'objectif est atteint en 24 heures. Et, au terme de la campagne, deux mois plus tard, 13000 précommandes ont été passées, générant 1,2 million de dollars de financement. De quoi hisser Lima au rang de « projet français ayant levé le plus d'argent sur Kickstarter, mais aussi de 6e projet technologique le plus financé sur la plate-forme de crowdfunding depuis son lancement, et le 35e toutes catégories confondues ».
« 94 % des précommandes seront exportées, dont la moitié aux États-Unis. Nous sommes une entreprise française à l'ambition internationale », souligne l'entrepreneur, qui a vu son équipe passer de deux à seize personnes dès octobre 2013. Pour autant, ce démarrage international sur les chapeaux de roues a été ponctué de défis. Par exemple, le nom initial du produit a dû être modifié au cours de la collecte, à la suite du recours d'une entreprise utilisant un nom similaire. Barbara Belvisi, directrice financière de Lima, se souvient du coup de semonce provoqué par cette décision judiciaire :
Persévérant, Séverin Marcombes tente, dès lors, année après année, de convaincre son mentor de l'accepter dans son incubateur.
Le lycéen reprend consciencieusement le chemin de l'école tout en multipliant les projets parallèles. Ainsi, il donne des cours d'informatique aux seniors de son voisinage. Étudiant à l'ECE Paris, l'apprenti ingénieur en systèmes d'information embarqués consacre ses soirs et week-ends (et quelques heures de cours) à élaborer une technologie de comptage de passants pour la start-up Majority Report.
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Séverin Marcombes complète ensuite ses connaissances commerciales dans un Master à l'ESCP. C'est finalement en 2010 qu'il se lance, au sein de l'incubateur de l'école de commerce. Au bout de deux ans, il s'associe à Gawen Arab, rencontré chez Majority Report, et entre au Camping. Stephan Ramoin, aujourd'hui président de Gandi, faisait partie du comité de sélection de l'incubateur parisien :
Certains ont ainsi recommandé à l'ambitieux Séverin de renoncer à son projet de hardware, et de se concentrer sur un projet de moindre envergure. Appliqué, il réalise en neuf mois le système d'échange de fichiers qu'on lui suggérait. Avant de se recentrer sur son projet initial, Lima. L'engouement sur Kickstarter a rapidement validé son choix, et piqué la curiosité des investisseurs. Et, début juin, Séverin Marcombes a annoncé avoir levé 2,5 millions de dollars auprès de Partech Ventures.
Séverin Marcombes n'est pas avare de conseils pour ceux qui veulent suivre ses pas.
Il accompagne plus particulièrement deux start-up, My Robotics, dans les objets connectés, et We Are Leka, qui fabrique un jouet robotisé et interactif pour les enfants autistes.
Séverin Marcombes se réjouit que son exemple puisse inspirer d'autres entrepreneurs. Lui ne cache pas son admiration pour Archos, la société présidée par Henri Crohas. Un autre adepte de technologies pointues diffusées au grand public.
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>>> MODE D'EMPLOI
Où le rencontrer ? : « Je déjeune souvent au Bioburger, à deux pas du métro Le Peletier, où sont nos bureaux. Sinon, envoyez-moi un mail : [email protected]. »
Comment l'aborder ?: Soulignez votre envie de changer les choses et la dimension novatrice de votre offre. « Je suis curieux de tout ce qui se fait en dehors de mon secteur. J'aurais plaisir à vous écouter me présenter votre projet disruptif, que ce soit dans la mode, la technologie spatiale ou l'art culinaire. »
À éviter ! : Le fatalisme. « Les gens qui jugent que "de toute manière ça ne marchera jamais" m'agacent. Regardez autour de vous : tous ceux qui réalisent leurs rêves sont des gens normaux, convaincus que chaque problème a sa solution. Battez-vous ! »
>>> TIMELINE
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