Nicolas Garreau, le "cupidon" 2.0

Perrine Créquy

Perrine Créquy
Nicolas Garreau, 36 ans, enchaîne les entrevues avec la presse française ou canadienne, et prépare une dizaine de prestations, en cette mi-février, comme chaque année depuis près de dix ans. Mais pour le fondateur d'ApoteoSurprise, pas question de laisser la routine sacrifier la qualité de son service. Et pour cause : il vend des scénarios clés en main pour les tourtereaux qui souhaitent déclarer leur flamme à l'élu (e) de leur coeur.
Cet homme svelte toujours vêtu de noir a donc décidé de mettre sa créativité au service de ceux qui veulent déclarer leur flamme, de façon originale et chic.
Fier d'appartenir à la génération du Club Dorothée, il a mis au point trente scénarios pour susciter l'émotion «en toute élégance». Parmi ses 1.400 clients - pour la plupart des hommes hétéros -, certains recourent à un magicien. Une prestation d'entrée de gamme à 290 euros. Mais pour voir la Patrouille de France dessiner dans le ciel un coeur d'un kilomètre de large, avec les initiales des amoureux, il faudra débourser 19.900 euros.
Prestataire de Nicolas Garreau depuis 2005, dans le cadre du scénario «Dîner croisière sur la Seine, avec une pluie de roses sur le pont du yacht», Denis Lagarde, le propriétaire du bateau, salue la persévérance de Nicolas :
D'autres scénarios proposent un message transmis par un plongeur dans un aquarium, l'envoi d'un ballon dans l'espace, ou une visite de Paris en limousine jusqu'au pied de la Tour Eiffel scintillante. Vincent Brunet dirige la compagnie de limousines prestataire :
Et pour cause : quelle que soit l'option retenue, le timing est précis pour susciter le maximum d'émotion.
Excellent élève, cet ingénieur, major de sa promotion à l'Estaca, à Levallois-Perret, se destinait à rejoindre une équipe de Formule 1 pour dessiner les bolides. Sa passion pour les sports automobiles remonte à l'adolescence, passée à Bassano del Grappa, en Italie où travaillait son père, cadre chez Fiat.
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À 15 ans, il rentre en France, aux Sables-d'Olonne, et rêve de moteurs vrombissants. Mais quand il reçoit son diplôme en 2000, les nouvelles stars sont les entrepreneurs du Web.
«J'avais vu un reportage télévisé sur Jeff Bezos, le PDG d'Amazon, et sur le Lyonnais Alexandre Dreyfus. Je me suis dit que moi aussi, je voulais créer ma start-up, et avoir les caméras sur moi», confie Nicolas Garreau.
Il embarque son ami Olivier Dorche, et tous deux s'attellent au lancement de GoodyCash, une loterie en ligne, durant les six mois qu'ils auraient dû consacrer à leur stage de fin d'études.
Après six mois d'étude du projet, Olivier Dorche jette l'éponge et Nicolas Garreau poursuit seul, avec cinq associés au capital.
L'aventure commencée en 2000, alors qu'explose la bulle Internet, s'achèvera au bout d'un an, faute de fonds pour payer la prime d'assurance de l'activité de loterie.
Après cette déception, Nicolas Garreau devient pendant quelques semaines ingénieur en développement à la Défense.
Amoureux des belles lettres et d'humeur vengeresse, il se met à écrire pour raconter ses déboires entrepreneuriaux dans Pourri.com, qui paraît en 2002 aux Éditions du Félin, rencontrées au Salon du Livre. Depuis, il publie un livre humoristique chaque année. En 2003, il réalise un documentaire aux États-Unis sur les lieux de tournage des films de George Romero, spécialiste de l'horreur. L'année suivante, il enregistre un single, «parce qu'une maison de disques me l'a proposé après un passage dans une émission télé».
Mais déjà, Nicolas Garreau nourrit un projet de deuxième entreprise, «dans le secteur de la mode branchée, pour hommes et femmes. Un concept marketing et fun» qu'il entend lancer d'ici à deux ans. D'ici là, il devrait avoir la bague au doigt. Ils devraient se marier l'an prochain, «à Las Vegas». À ces yeux, l'endroit rêvé pour un mariage original.
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MODE D'EMPLOI
Où le rencontrer ? À Paris. «Je prends tous mes rendez-vous à Paris, même si je me suis installé à Val d'Europe, à deux pas de Disneyland Paris, pour profiter de la vue sur le feu d'artifice du parc chaque soir.»
Comment l'aborder ? Poli et orthographié. «Je ne suis pas friand des formalités, je préfère le naturel. Mais je suis très attaché au respect de la courtoisie et de la langue française.»
À éviter ! L'imiter. «Je suis sur une niche qui offre une prime au premier entrant, et qui est un marché trop petit pour plusieurs acteurs. J'ai vu vingt concurrents tenter de reproduire mon activité et tous se sont plantés. J'attaque en justice tous ceux qui me copient, d'une façon ou d'une autre.»
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