2014, une année décisive ?

 |   |  1789  mots
Jean-Marc Ayrault et Najat Vallaud-Belkacem
Jean-Marc Ayrault et Najat Vallaud-Belkacem (Crédits : DR)
A l’approche des discussions à l'Assemblée Nationale du projet de loi de Najat Vallaud-Belkacem, pour l’égalité des femmes et des hommes, Jean-Marc Ayrault a souhaité présenter la nouvelle feuille de route interministérielle. Un acte fort, des promesses énoncées, mais en coulisse, d’autres souhaitent plus d’ambitions.

 

Le sujet des femmes est à la mode. Désormais, pas un jour ne s'écoule sans qu'une femme fasse la Une des médias. Doit-on s'en féliciter ? Oui, bien sur. L'approbation du Sénat américain de Janet Yellen à la présidence de la Reserve Federale des Etats-Unis (Fed), l'arrivée de Marie-Anne Barbat Layani, précédemment collaboratrice de François Fillon, à la Fédération Bancaire Française et la probable nomination de l'Allemande, Sabine Lautenschläger, au directoire de la Banque Centrale Européenne, en remplacement de Jörg Amusen, constituent des avancées réelles. Mais ces figures de proue ne doivent pas former les arbres qui masquent la forêt.

L'inégalité professionnelle est un dossier particulièrement prisé des sophistes. Conforter la communication gouvernementale et/ou entrepreneuriale, ne sert pas la cause des femmes. Certes, les chiffres progressent. Mais, les mauvaises nouvelles continuent de s'accumuler ici et là.

En Afghanistan, le récent rapport de l'ONU Women dénonce l'augmentation des violences faites aux femmes (+ 25 % entre mars et septembre dernier), avec des actes d'une cruauté effarante (nez et lèvres coupées, viol collectif en public…), au Zimbabwe même combat. En Espagne, le gouvernement revient sur le droit à l'avortement.

En France, malgré les progrès réels, nous n'avons pas de quoi fanfaronner. Un exemple parmi d'autres ? C'est sans sourciller que Marion Maréchal Le Pen, député frontiste du Var a une nouvelle fois répété en décembre, qu'elle souhaite que l'Etat ne rembourse plus les interruptions volontaires de grossesse (IVG) car dixit, « Ce n'est pas à l'Etat de réparer les inattentions des femmes ». On se pince pour y croire ! Voire, on s'en étrangle de rage. Cette tirade n'a qu'un seul mérite, nous confirmer qu'en matière de droits des femmes, la vigilance s'impose.

Comme le rappelait lundi à Versailles, Jean-Marc Ayrault, aujourd'hui encore, en 2014, « plusieurs centaines de milliers de femmes subissent des violences chaque année, le plus souvent de la part de leur compagnon, dans des circonstances qui fragilisent durablement leur vie et celles de leurs enfants. Les femmes sont payées un quart de moins que les hommes. Elles représentent les quatre cinquième des travailleurs à temps partiel, le plus souvent dans des emplois précaires. Leurs carrières se heurtent sans cesse à des plafonds de verre. »

A la veille de la trêve de Noël, les résultats du rapport réalisé par le Conseil Supérieur de l'Egalité Professionnelle (CSEP) sur les relations qu'entretiennent les femmes et les hommes avec le travail en France, sont de l'avis même de son rapporteur, Brigitte Grésy, sans équivoque.

Réalisée auprès de 14 651 salariés (55 % de femmes, 45 % d'hommes, 92 % de cadres) 9 grandes entreprises françaises (Orange, LVMH, Radio France, France Télévisions, RATP, Air France, SNCF, GDF Suez, le groupe La Poste) l'étude met en exergue le sexisme qui larve les relations de travail.

80 % des femmes interrogées déclarent être régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes (contre 56 % des hommes). Pour 90 % des femmes, il est plus facile encore aujourd'hui pour un homme de faire carrière. L'étude conforte le sondage que la société Mediaprism avait présenté en mars dernier à l'hôtel de Lassay. Certes, 50 % des interrogées (contre 35 % des femmes cadres au niveau national) reconnaissent que leur entreprise a abordé le sujet mais, à leurs yeux, cela demeure nettement insuffisant pour lever les freins.

 

Des paroles et des actes

Lundi dernier, à Versailles, Jean-Marc Ayrault a martelé l'engagement de son gouvernement pour changer la donne. Certes, l'expression "Pour une troisième génération des droits des femmes : vers une société de l'égalité", qui avait été utilisée pour définir le plan, en novembre 2012, n'a plus cours, mais la politique des petits pas, menée par l'ensemble des ministères, en s'appuyant sur le travail des associations féminines, porte ses fruits.

Initiées depuis mai 2012, sur les 45 mesures inscrites dans la feuille de route interministérielle, 42 ont d'ores et déjà été mises en œuvre. En matière d'égalité professionnelle, l'application de sanctions pour les entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale a sans doute été l'une des mesures les plus marquantes. Entre décembre 2012 et novembre 2013, 5 entreprises ont été sanctionnées, 530 mises en demeure et 3645 sociétés ont envoyé leurs plans d'égalité professionnelle à l'administration.

En ce qui concerne l'accompagnement de l'entrepreneuriat au féminin, le plan annoncé le 27 août 2013 prévoit de porter à 40 % d'ici 2017 (contre 30 % en 2013) la part de femmes parmi les créateurs d'entreprises.

Pour l'avenir, le premier ministre a défini la nouvelle feuille de route interministérielle autour de trois priorités. Tout d'abord, annuler l'écart de taux d'emploi entre les femmes et les hommes d'ici 2025. « En France, où l'écart de taux d'emploi par sexe reste élevé (9 points), atteindre un objectif d'égalité s'accompagnerait, selon Jean-Marc Ayrault, d'une hausse potentielle de notre croissance économique de 0,5 points par an. » Soit 5,5 % sur 11 ans.

Deuxième axe d'actions, faire de l'année 2014 l'année de la mixité des métiers. Malgré un taux d'emploi des femmes qui est passé en trente ans de 41,7 % à plus de 47,5 %, seulement un dixième des métiers sont réellement mixtes aujourd'hui.* Certaines professions sont particulièrement marquées par une désaffection des hommes (ainsi 97,7 % des aides ménagères, des aides soignantes et des assistantes maternelles sont des femmes). Inversement d'autres, en particulier les conducteurs de véhicules, les ouvriers dans le bâtiment, les techniciens et les agents de maîtrise de la maintenance mais aussi l'armée, la police et les pompiers sont constitués à plus de 85 % d'hommes. Dans son programme d'actions 2014, le premier ministre ainsi confirme que la progression de l'emploi des femmes n'a pas de sens si elle ne se conjugue pas avec l'amélioration de la qualité de l'emploi. « Nous devons sortir du modèle qui a fait du soutien à l'emploi féminin le corollaire d'une réduction de la durée moyenne du travail et d'un accroissement de la précarité des salariés à temps partiel : la progression de la force de travail féminine a représenté plus des neuf dixième de la progression de la population en emploi depuis 1975 (3,9 M d'actifs sur 4,2 M), mais les deux tiers des nouveaux emplois féminins créés depuis 1975 ont été des emplois à temps partiel. »

Enfin, le premier ministre souhaite que l'Etat donne l'exemple et que la sphère publique assure une parité effective. Déjà, de janvier à novembre 2013, les femmes ont représenté 29 % des nouvelles nominations (soit 36 sur 126) aux emplois de cadres dirigeants, nommés en Conseil des ministres, contre 24 % en 2012. S'agissant des emplois de chef de service, de sous-directeur, de directeur de projet et d'expert de haut niveau des administrations centrales, la proportion des femmes a atteint 34 % des nouvelles nominations (88 sur 259) contre 31 % en 2012.

Pour cette nouvelle étape, Jean-Marc Ayrault a insisté sur l'obligation de résultats « Le tableau de bord interministériel de l'égalité femmes hommes nous permet de suivre régulièrement l'évolution des objectifs chiffrés que nous nous sommes fixés en matière d'emploi et d'égalité professionnelle, de lutte contre la précarité et contre les violences faites aux femmes, de parité dans les sphères politique, économique et sociale. »

Et le premier ministre de conclure « Nous célébrerons l'année prochaine les 70 ans de la décision du comité français de libération nationale reconnaissant le droit de vote des femmes. Il s'agit d'un rendez-vous important, tout autant pour honorer la mémoire des combats féministes dans notre pays que pour se projeter vers l'avenir, vers les dernières marches à franchir pour faire de la parité et de l'égalité des droits une évidence. »

 

Rendez-vous à l'Assemblée Nationale

L'intervention du premier ministre ne s'inscrit pas par hasard dans le calendrier. A l'approche des discussions à l'Assemblée Nationale qui commenceront le 20 janvier prochain sur le projet de loi de Najat Vallaud-Belkacem, pour l'égalité femmes hommes, il conforte la ministre des droits des femmes dans son action. Déjà, le ministère figure comme l'un des rares qui peut se vanter d'avoir un budget en augmentation de 3,4 % en 2014. Certes, l'enveloppe allouée reste modeste mais 24,26 millions d'euros attribués dans un contexte d'économies budgétaires de 15 milliards d'euros, confirme la volonté d'aller de l'avant.

Toutefois, malgré les résultats indéniables, des critiques se font entendre. Déjà, lors de son passage au Sénat, le 17 septembre en première lecture, les parlementaires avaient amendé le texte. La centriste Chantal Jouanno a ainsi fait passer l'amendement interdisant en France l'organisation des concours des mini-miss qui prévoit une sanction de 30 000 euros d'amende et deux ans de prison pour les organisateurs de telles manifestations réservées aux filles !

Aujourd'hui, des députés demandent que le texte aille plus loin. Ainsi, Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l'Assemblée souhaite présenter un amendement qui alourdirait les sanctions imposées aux partis qui ne respectent pas les obligations légales.

D'autres politiques militent pour que la réduction de l'écart de salaires entre les hommes et les femmes soit inscrite dans la loi. Alors que le Laboratoire de l'égalité prône l'idée que l'article 1 de la constitution ne favorise pas, mais garantisse l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales, d'autres encore dénoncent la catastrophe annoncée de la génération des femmes nées dans les années 70 qui se retrouveront en situation de précarité à l'âge de la retraite. Chaque responsable sait l'enjeu social et sanitaire. Mais, restent à chaque fois les mêmes pierres d'achoppement ! Le courage politique et une question essentielle en période de disette budgétaire : où trouver l'argent pour financer une politique que certains qualifierons d'ambitieuse, d'autres de justice sociale ?

 

* Sur les trois dernières décennies, le taux d'emploi des femmes de 15 à 64 ans a continûment augmenté, se rapprochant de celui des hommes : il a ainsi progressé de 51,4 % en 1983 à 59,7 % en 2011, tandis que celui des hommes a diminué de 75,4 % à 68,2 % sur la même période. En conséquence, la part des femmes dans la population en emploi est passée de 41,7 % en 1983 à 47,5 % en 2011.

La ségrégation professionnelle entre les femmes et les hommes est plus importante pour les jeunes, les titulaires de CAP-BEP, les parents de trois enfants ou plus et les personnes de nationalité étrangère. Elle est également plus forte en province qu'en Ile-de-France, dans le secteur privé que dans le secteur public.

http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/2013-079.pdf

 

 

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/01/2014 à 10:07 :
Eh bien non , l'avortement n'est pas et ne sera jamais un "droit" pour les femmes ! Depuis la loi Weil (1975) rien qu'en France plusieurs millions d'enfants à naître ont été massacrés dans le sein de leur mère .
C'est un acte d'une monstruosité absolue . Et le "droit" de l'enfant à vivre ? Quel aveuglement ! Quel mensonge ,quel manque de la plus élémentaire humanité !
Epoque effrayante !
Réponse de le 10/01/2014 à 14:02 :
Les lois restrictives ne font en aucun cas baisser le nombre d'avortements mais poussent les plus pauvres à mettre leur vie en danger.
L'interdiction légale n'empêche pas les femmes d'avorter. Cela ne fait que développer leur extrême précarité et nourrit un inévitable marché parallèle, certes un recours pour les femmes qui en ont les moyens, mais aussi une source de profit parfois juteux pour ceux et celles qui réalisent ces avortements clandestins. Tout ceci sans aucune protection sanitaire pour les femmes qui avortent y comprit en payant, puisque ce n'est plus légal... donnant lieu à tous les abus et jugements de la société envers elles. Est-ce ainsi que les hommes - qui font les lois - veulent que les femmes vivent ?
L’avortement fait partie de la vie des femmes, près d’une femme sur deux y a recours dans sa vie Les Françaises font en moyenne 2 enfants et 0,4 IVG. Cela fait 2,4 conceptions, toujours en moyenne, pour toute une vie de parties de jambes en l’air ! Globalement, elles gèrent rudement bien leur contraception. Mais il ne faudrait pas oublier que la contraception n’est pas un moyen d’éviter des avortements, mais un moyen d’éviter des grossesses non désirées. Ce qui n’est absolument pas la même chose .
Réponse de le 11/01/2014 à 10:36 :
Cet échange me rajeunit de 40 ans...Nihil novi sub sole
Réponse de le 11/01/2014 à 15:36 :
Franchement quand je vois la vie du chien de mes voisins je regrette pour lui qu'il soit né. Alors oui l'avortement est une bonne chose.
a écrit le 09/01/2014 à 9:26 :
Etablir l'égalité dans le domaine professionnel entre homme et femme implique établir l'égalité dans le domaine familliale entre femme et homme.
Reconnaitre le droit des PERES au même titre que celui des MERES est un préalable
Réponse de le 10/01/2014 à 14:10 :
Y a t-il un problème pour les pères en France? Non. Seuls 2% des divorces opposent les parents quant à la garde des enfants . Dans 98% des cas, le mode de garde est un choix commun où personne ne peut se sentir lésé. Les 2% se répartissent comme suit: 1,38% sont majoritairement confiés à la mère, 0,52% sont majoritairement confiés au père, 0,2 sont en résidence alternée. Soit donc 0,86% de différentiel de décisions en faveur des mères après divorce et opposition sur le mode de garde. Or il faut y mettre tous les litiges où le père est accusé ou souvent condamné pour violences conjugales (une femme tuée un jour sur deux en France), inceste (3% des enfants), etc. Ces phénomènes ne sont malheureusement pas des fantasmes
Réponse de le 18/01/2014 à 18:03 :
Faudrait quand même dire aux femmes qu'elles a arrêtent de se faire engrosser par des brutes. Le libre arbitre, ça existe, bon sang!
a écrit le 09/01/2014 à 9:25 :
Pourquoi encore une fois utiliser les poncifs des postes féminisés ou masculinisés dans les argumentaires pour l'égalité professionnelle ?
Pourquoi évoquer "97,7 % des aides ménagères, des aides soignantes et des assistantes maternelles " sont des femmes et pas 99,9% des éboueurs sont des hommes comme source d'inégalité ?
Pourquoi évoquer les "aides soignantes" mais pas les "infirmières" ?
Pourquoi ne pas vouloir rétablir l'équilibre et la parité dans le métier de professeur des écoles, métier à 83% féminin aujourd'hui ?
On ne regarde la question de la parité que par un boud de la lorgnette !!
Réponse de le 10/01/2014 à 14:19 :
La concentration des femmes dans un nombre limité de métiers ou familles professionnelles est forte, et on parle même de ségrégation professionnelle : la moitié (46,4 %) d’entre elles travaillent dans 10 familles professionnelles, qu’on peut qualifier de familles à prédominance féminine (à plus de 80 %). Elles sont encore un petit tiers (28,5 %) dans des métiers où elles représentent plus de 50 % des salariés. Toutes choses égales par ailleurs, les femmes ont plus de chances de faire partie des salariés à bas salaires (1,33 SMIC), en ayant gommé l’influence des niveaux d’éducation et du temps de travail. Deux tiers des salariés à bas salaires sont des femmes, et parmi les emplois dont la qualification n’est pas reconnue, 30 % sont occupés par des femmes. D’où l’importance de recourir à une approche nouvelle de valorisation des emplois différenciés qui fasse mieux droit aux compétences déployées dans les emplois à prédominance féminine, en comparant ou en « pesant », par secteurs ou par entreprise, les emplois des hommes et des femmes par leur qualification, leur technicité, l’autonomie qu’ils requièrent, les capacités relationnelles et les conditions de travail. Garçons et filles font des choix de formations professionnelles courtes très sexués et le soutien qui leur est apporté au moment de leur orientation ne les aide guère à ouvrir l’éventail de leurs choix, du fait de pré-notions encore très présentes chez les enseignants et les parents La naissance d’un enfant entraîne une modification d’activité pour 40 % des femmes et 6 % des hommes (changement dans le temps de travail comme le passage à temps partiel, retrait temporaire d’activité etc.). Cet effet s’accentue au fur et à mesure de l’arrivée d’enfants. Les mères de trois enfants ne sont plus que 40 % à être actives. C’est bien la question de l’orientation des formations supérieures et professionnelles qu’il faut interroger plutôt qu’une prétendue spécialisation féminine ou masculine pour tel ou tel type de profession.
Réponse de le 11/01/2014 à 16:54 :
monsieur TANARIS est très disert et son éloquence fourmille de détails et de chiffres . Bravo !

Je reviens à cette question extrêmement gênante : Et que fait-on du droit à vivre des enfants dans le sein de leur mère ? L'embryon , le foetus , sont des êtres humains innocents . On les tue !
Et dans quelles conditions de froide cruauté ? Renseignez vous ... C'est quelque chose d'atroce ! Et on se proclame civilisé !
Réponse de le 14/01/2014 à 10:09 :
@chichkine:...Limiter l’accès à l’avortement ne le fait pas disparaître : elle le rend seulement clandestin et dangereux. L’avortement à risque est l’un des plus grands contributeurs à la mortalité maternelle mondiale. Avez vous déjà subi l’horreur d’un avortement clandestin par l’usage d’un cintre, moi oui !! et je ne le souhaite a aucune femme. Pourquoi vouloir imposer votre obscurantisme idéologique à celles qui ne demandent qu’a bénéficier des droits les plus intimes et fondamentaux parmi les droits humains, car ils portent sur la prise de décisions informées concernant des aspects fondamentaux de la vie : son corps, sa sexualité, sa santé, ses relations, le fait de se marier ou non, et le fait d’avoir ou non des enfants La croisade du mouvement « pro –vie » en Espagne ne connaît pas de limites. Après la loi promulguée par le gouvernement qui transforme l'avortement en délit, une association internationale tâche de criminaliser la masturbation ; parce que les spermatozoïdes sont autant d'âmes d'enfants en devenir…. L’association considère que l’homme qui se masturbe commet autant d’avortements qu’il lâche de spermatozoïdes dans la nature : « Si l’on considère qu’un embryon est un être humain, parce qu’ils ont une âme, alors d’une certaine façon un spermatozoïde représente la possibilité de cette âme, et donc, les personnes qui se masturbent doivent être reconnus comme étant coupables d’un génocide d’avortements qu’il lâche de spermatozoïdes dans la nature. Rassurez-vous Messieurs, les femmes aussi seraient implicitement et malgré elles coupables d’homicide. En effet, chaque mois elles éliminent par leurs règles un certain nombre de cellules reproductrices. Pour ne pas les pénaliser injustement, elle propose qu’on leur accorde une sorte de dérogation mensuelle. Actuellement dans les lois françaises de bioéthique, l’embryon n’est qualifié de "personne humaine potentielle". Il s’agit d’ un compromis juridique car l’embryon/le fœtus n’est pas une personne humaine juridique. C’est à la naissance que la personne obtient un état civil et s’affirme alors comme personne humaine. Et c’est parce que la France est un Etat laïc que le débat doit rester sur le terrain juridique, libre à vous de croire à autre chose mais pourquoi l'imposer aux non croyants

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :