Ces femmes qui nous montrent la voie...

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(Crédits : DR)
Cette année encore, notre mobilisation autour des prix La Tribune Women's Awards aura été totale ! Après des semaines de concertation pour sélectionner 250 profils et présenter 70 candidates au préjury national, c'est avec une grande fierté que nous vous présentons dans ces pages les neuf lauréates de 2014.

Depuis cinq ans que La Tribune organise les Tribune Women's Awards pour mettre en lumière des femmes aux parcours professionnels remarquables, nous sommes à chaque fois, nous, membres du jury et représentants de la rédaction, bluffés par la qualité des candidatures. Nous ne sommes pas naïfs, nous savons que la gent féminine n'échappe pas aux questions d'ego.

Mais, malgré tout, l'humilité, le courage et l'intelligence associés aux capacités de travail impressionnantes de ces femmes qui mènent en parallèle des vies personnelles accomplies (pour mémoire, 70% des tâches ménagères et la gestion des enfants incombent encore majoritairement aux femmes), à chaque fois nous épatent. Souvent, il nous faut les convaincre. Beaucoup hésitent : « Ah bon ? Vous croyez... »

La plupart ne se sentent pas légitimes, alors que la lecture de leurs dossiers, les informations qui nous parviennent du terrain et les éloges tenus par les personnalités qui nous les recommandent attestent de leurs performances. Toutes méritent d'être placées sur le devant de la scène pour montrer l'exemple. Cette année encore, la mobilisation autour de la manifestation a été impressionnante. Depuis neuf mois, répondant à la volonté toujours plus grande de La Tribune d'être aux côtés des entrepreneurs sur le terrain, les rédactions régionales ont organisé des manifestations, sélectionné et récompensé les meilleures candidates sur leur territoire. De la région Rhône-Alpes au Languedoc-Roussillon, de Midi-Pyrénées à Provence-Alpes-Côte d'Azur et l'Aquitaine, les lauréates sont ensuite venues rejoindre la sélection nationale.

Il n'y aura pas de retour en arrière...

Au total, nous avons étudié plus de 250 profils pour, après analyses et vérifications, présenter 70 candidates au préjury national, le 7 octobre, mené cette année en partenariat avec BCG Group (en présence de Vanessa Lyon), l'Essec (avec Viviane de Beaufort) et Itsuko Higashiuchi (du cabinet Floriane de Saint-Pierre). Après quatre heures de discussion, nous avons conservé 21 nominées, soit trois par catégorie (défense, industrie, finance, numérique, responsable et solidaire, manageuse et entrepreneure de l'année). Et appeler au vote sur Internet qui permettait à celles qui arriveraient en tête de leur catégorie d'obtenir deux points d'avance.

Du 14 au 31 octobre, plus de 9.000 votants se sont exprimés sur notre page Facebook. La bataille s'est jouée jusqu'à la dernière minute. Le jury final s'est réuni le 6 novembre dans les locaux d'August Debouzy. Autour de la table, 18 personnalités éminentes ont débattu là encore pendant quatre heures pour départager les nominées. Parfois, les choix ont été cornéliens, les discussions animées, mais, in fine, la concorde l'a emporté. Ce palmarès 2014 a fière allure. Que les nominées non lauréates ne soient pas trop déçues - c'est la règle du jeu.

L'émulation pour cette compétition démontre bien une chose : les Françaises sont aujourd'hui de plus en plus nombreuses à briser le plafond de verre. Il n'y aura pas de retour en arrière. Depuis cinq ans, grâce aux textes de loi, à la mobilisation des réseaux de femmes, à la médiatisation du sujet et à la féminisation des entreprises et de leurs instances dirigeantes, une grande part du chemin vers l'égalité professionnelle a été réalisée. Mais ce n'est pas fini : 70 % d'hommes et 30 % de femmes en moyenne dans les instances dirigeantes, ce n'est pas 50-50. Et pour ne pas attendre encore quarante ans avant de parvenir à la parité, on peut compter sur la génération Y pour faire entendre sa voix. À l'année prochaine, donc.

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>>>  FOCUS TROIS QUESTIONS À CATHERINE CHARRIER-LEFLAIVE, DRH de La Banque postale, directrice des services financiers et du réseau La Poste.

Pourquoi la Banque postale s'engage-t-elle dans la promotion des femmes ? Et soutient les LTWA ?

La Banque postale est une banque citoyenne. Nous sommes une banque jeune, créée en 2006, l'égalité professionnelle fait partie de notre ADN. Dès 2006, nous avons reçu le label égalité hommes-femmes de l'Afnor (pour les services financiers).

La moitié de nos effectifs (48,8%, dont 46% de cadres) sont des femmes. À chaque niveau de l'entreprise, nous veillons à la stricte parité. Il est donc naturel pour nous de soutenir la Ve édition des LTWA. Ce sont elles qui vont faire la France de demain.

Quelle est la place des femmes dans vos instances dirigeantes ?

En 2012, les femmes représentaient 41,4% des embauches en CDI ; en 2013, nous en sommes à 48,3%. Alors que notre effectif a augmenté de 8,3%, la part des femmes a progressé à 9,3%. En 2013, les femmes ont bénéficié de 50% des promotions ; 35% de femmes siègent au conseil de surveillance, 22% au comité opérationnel, 39% au Comex.

Quelle est votre stratégie pour les années à venir ?

Je suis confiante. Le bilan social démontre que nous réduisons les écarts.

Sur tout poste à pourvoir, il est obligatoire de présenter a minima une candidature féminine. Nous avons encore des progrès à accomplir dans le recrutement pour les systèmes d'information. Nous manquons de candidates.

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Commentaires
a écrit le 21/12/2014 à 23:03 :
Les élites femmes et hommes appliquant mécaniquement la même idéologie apprise dans leurs écoles, il n'y a aucune importance que ce soit les unes ou les autres qui soient au pouvoir : l'échec économique sera le même. Cela dit, temps qu'à se faire entub... au temps que cela le soit par une femme...
a écrit le 19/12/2014 à 19:11 :
A lire vos commentaires, on comprend que vous n'avez rien compris ! Pour ma part, je ne suis pas blanc et je trouve que cette logique de quotas ou de parité est grotesque et digne des pires heures du stalinisme ou des romans de Kafka ! Après, il faudra savoir s'il faut embaucher plus de personnes handicapées (hommes, femmes, gays et hétéros), des personnes transexuelles (noires, blanches et asiatiques) et bien entendu, des seniors et des roux...En attendant, le nombre d'emplois diminue à la vitesse grand V dans ce pays. A quand une France mature et intelligente, qui ne s'occupera que de la compétence des individus ?
Réponse de le 19/12/2014 à 19:33 :
c’est plutôt votre conservatisme qui est une impasse, les quotas sont l’expression de la démocratie et sont de simples objectifs à atteindre qui consistent à casser les codes existants en allant piocher les compétences partout dans la diversité et effectivement dans les populations que vous citez car la compétence et simplement lié à un être humain pas à ce qu’il représente. Quant aux femmes elles représentent la moitié de l’humanité, elles ne peuvent être assimilées aux groupes catégoriels Beaucoup de femmes sont déjà arrivées en haut, et l’économie mondiale continue de fonctionner. Continuez de pleurnichez si vous voulez, mais notre progression est inéluctable car nous avons les mêmes facultés d’ éducation et de réussite
Réponse de le 22/12/2014 à 3:28 :
Alors pourquoi etre pour le quotas pour le nombre de femmes, mais etre contre les quotas en nombre de maghrébins, noirs, asiatiques etc ? Je ne comprend pas votre logique ? Cest deux poids deux mesures ?
Réponse de le 22/12/2014 à 14:33 :
Votre agressivité montre que je touche un point sensible. Je ne pleurniche absolument pas, en revanche, je déplore le fait que vous mordiez et que vous manquiez totalement de logique...vous m'accusez de machisme et n'avez rien compris à mes propos. Beaucoup de femmes sont contre la logique des quotas et savent s'imposer autrement qu'en agressant et en divisant la société, contrairement à vous. Allez faire votre inquisition auprès d'autres personnes.
Réponse de le 01/01/2015 à 17:14 :
Il est bien plus facile de rester calme et serein lorsqu'on est en position de réussir, il est bien plus facile d'évoquer le respect mutuel lorsqu'on se sait légitime, et considéré comme tel, que lorsqu'on se sent sans cesse remise en question et dans l'obligation permanente de se justifier. Bref, et en caricaturant à peine on en arrive facilement à considérer comme risibles et ridicules (on pourrait dire féministes hystériques) des femmes qui revendiquent une parité ne leur est pas accordé d'emblée Selon nos adversaires, les effets actuels, sont néfastes, par exemple parce qu’on « ne choisit plus les ministres en fonction de leurs compétences, mais de leur sexe. » Et d’ajouter : « cette parité ministérielle est une approche peu gratifiante pour les femmes. » Précision précieuse et éclairante : on l'aura compris, ce sont bien sûr les hommes qui sont nommés pour leur compétence, et les femmes pour leur sexe ! Mais c'est le péril mis au cœur de l'androcratie qui les soucie, et non pas la démocratie. Pourquoi sinon suggèreraient-ils l'incompétence des femmes ministres ? Qui ne sait que les femmes qui accèdent à des postes de cette valeur sont au moins aussi compétentes que leurs pairs ? Depuis deux siècles, l'autonomie civile de la femme n'a cessé d'augmenter en son pouvoir d'être soi Le réel de l'épanouissement des droits civils des femmes et le réel de leur participation économique expriment la réalité de leur citoyenneté. Que se soit dans le monde des affaires, ou dans la haute fonction publique l'égalité homme malgré un arsenal législatif florissant en la matière, dans les entreprises, le plafond de verre reste encore bien épais pour les femmes. L'égalité réelle en termes de recrutement, rémunération, mobilité, promotion...se heurte ainsi encore souvent à une série de freins socio-culturels et managériaux forts et ce, à tous les échelons de l'entreprise. Or si l'entreprise doit s'adapter aux premiers, elle dispose d'une possibilité d'agir sur les seconds et l’objectif fixé par les quotas ou les critères de la charte de diversité reste un bon challenge qui loin d’être pénalisant dynamise l’entreprise par une remise en question des routines….
a écrit le 19/12/2014 à 15:36 :
En effet, on se demande pourquoi on embauche encore des hommes finalement...nous sommes tellement minables, feignants et inutiles...par contre, intéressant de voir que ces fascistes ne s'intéressent pas aux femmes caissières de supermarché, pas assez glamour?...Affligeant de bêtise.
Réponse de le 19/12/2014 à 18:17 :
Affligeant de bêtise ?? Vous parlez bien sûr de votre commentaire de victimisation. Oui il est ici question d’élitisme, mais les femmes aussi ont besoin de modèles de réussite autre que Beyonce ou Rihanna…Certes toutes ces femmes ne sont pas des ferventes défenseures de l’Egalité F/H mais plus le monde des décideurs sera féminisé plus les femmes seront reconnues en tant que partenaires dans un monde de mixité politique, sociale et économique. Plus personne aujourd’hui ne conteste l’origine ethnique d’un dirigeant de multinationale. Les femmes compétentes prendront effectivement la place des hommes médiocres mais de quel droit elle n’y aurait pas le droit. Quant aux femmes sous payées, elles participent involontairement par la base à ce système ou la hiérarchie des sexes continue à perdurer, il n’y a pas 2 problème différents…nous avons la capacité de nous défendre sur tous les fronts …Notre but n’est pas d’inverser un rapport de force mais bien d’un partage …Nous aussi nous voulons construire l’avenir de nos enfants, de nos maris, de nos compagnons….certainement pas détruire, la guerre des sexes est un fantasme réactionnaire de la crainte de la perte du masculin
Réponse de le 23/12/2014 à 12:42 :
Oui mais des femmes compétentes en quoi ? A conquérir une place à la tête d'une multinationale, c'est à dire à intégrer un système économique, néolibéral et archaïque ? Ca n'a aucun intérêt. L'intelligence des femmes devrait plutôt être consacré à inventer autre chose plutôt qu'à chercher à trouver leur place dans un système suicidaire et à bout de souffle, et, soit dit en passant, inventé par les hommes.
a écrit le 18/12/2014 à 21:36 :
Au diable les compétences, l'important c'est d'embaucher des femmes... je me marre.
Réponse de le 19/12/2014 à 12:02 :
Totalement d'accord avec POL75 !
Réponse de le 19/12/2014 à 17:47 :
Parce que embaucher des hommes (de préférence blancs et hétéros) suivant un quotas de 70% est un gage de compétence.!!?? Dans toutes les promos d'étudiants il y a autant de jeunes femmes brillantes que de jeunes hommes. Changer les traditions de cooptation n'est pas désorganiser , ni niveler par le bas . Les retours d'expérience prouvent même le contraire

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