A400M, avion fantôme pour les marchés
Gaël Vautrin
Gaël Vautrin
L'ambitieux projet d'avion de transport militaire qu'Airbus Military (filiale d'EADS) cuisine en secret depuis plusieurs années, personne n'en a encore vu l'ombre de la queue, de l'aile ou même du cockpit. Tout du moins dans les airs.
Ce gigantesque programme industriel, petit bijou de technologie, mais par ailleurs mécano aussi difficile à assembler que l'A380, compte déjà plusieurs années de retard sur le calendrier initial. Si bien que lorsqu'il subit un revers comme celui de jeudi à savoir l'annulation pure et simple de la commande de huit appareils par l'Afrique du Sud, le marché n'en a cure. Jeudi, le titre EADS s'est apprécié de 0,45 % et prend encore 1,21 % ce matin. Et pourtant on peut estimer le manque à gagner à environ un milliard d'euros, soit 10% de l'actuelle capitalisation du groupe.
A croire que l'A400M n'est aujourd'hui pas valorisé dans le cours du consortium européen (s'il l'a déjà été !). Au final, rien d'étonnant. Egal à lui-même, le marché reste pragmatique. Et comme Saint Thomas, ne valorise que ce qu'il voit.
Gaël Vautrin
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