Carrefour menacé de pénurie ?

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(Crédits : Tribune)
En rachetant ses titres, le groupe a fait le choix de la redistribution au détriment de l'investissement. Mais, gare à l'effet trompe l'œil.

Carrefour a décidé de retirer une partie de ses actions des étals. Des étals déjà désertés par des ménages encore en deuil de leurs économies dilapidées par la crise. Mais il aura suffit d'une croissance organique de 3,3 % de son chiffre trimestriel supérieure aux attentes pour susciter l'euphorie générale. Entretenant, au passage, l'avance de l'action Carrefour par rapport au CAC40 depuis début janvier. On ne peut nier le dynamisme de ses activités dans les pays émergents. 16,4% de progression à structure comparable en Amérique Latine, 9% en Asie...Le tout pour 6,1 milliards d'euros. Cela reste près de deux milliards de moins que l'ensemble des facturations générées par la zone euro, exception faite de la France. Sachant que dans l'Hexagone, la tendance reste molle. L'alternative est toute trouvée : racheter ses propres actions et provoquer, ainsi, une illusion de richesse.

 

Le raisonnement a ses limites. Comme nous le confiait il y a déjà deux ans Bernard Esambert, le père du fameux rapport autorisant, depuis 1998, les sociétés françaises à acquérir jusqu'à 10% de leurs propres titres, l'effet positif sur le titre est temporaire. Des études américaines montrent qu'il ne dure que quelques semaines. Sans doute parce que les rachats d'actions ne constituent en aucun cas une source de revenus directe et palpable pour les membres du tour de table. L'impact est simplement mécanique sur le bénéfice par action et crée une fausse impression de grandeur. Principal hic, les multiples de bénéfices de l'action Carrefour ne pourront pas éternellement reposer sur la perspective d'un simple effet relutif. Au risque de faire passer la hausse boursière d'aujourd'hui pour un trompe-l'?il.

 

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