Sanofi-Aventis, thérapie à risque
Fabio Marquetty
Fabio Marquetty
Dans l?univers impitoyable des grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux, chaque opportunité de croissance externe susceptible d?enrichir un portefeuille de médicaments compte. Pas question de passer à côté de la société biopharmaceutique qui développera le médicament vedette de demain. En l?occurrence, Sanofi-Aventis croit au potentiel des produits développés par la société de biopharmaceutique Genzyme, notamment sur le segment des maladies orphelines. Reste maintenant la question du prix. A 69 dollars par action, la proposition de rachat formulée par le laboratoire français a de grande chance de faire chou blanc. Non seulement parce que la direction de la cible a toujours situé son point d?équilibre entre 75 et 80 dollars. Mais aussi parce que le titre vaut à Wall Street plus de 71 dollars.
La question de l?équilibre financier de l?opération se pose. D?un côté, l?absolue nécessité pour Sanofi-Aventis de trouver de nouveaux relais de croissance face à la menace générique pesant sur ses brevets arrivant à expiration n?est plus un secret. D?ailleurs, le groupe suit, dans ce sens, une politique d?acquisitions particulièrement dynamique. Mais, aujourd?hui, la transaction pourrait, en cas de surenchère de 6 à 11 dollars supplémentaires par action, faire monter l?addition à plus de 20 milliards de dollars. Sanofi-aventis a beau pouvoir compter sur un rythme de cash flow annuel avoisinant 8 milliards d?euros (environ 11 milliards de dollars) par an, le recours à la dette paraît difficilement contournable. En clair, telle somme mobilisée pour une seule et même opération est aujourd?hui de nature à concentrer le risque financier. Or, selon la formule consacrée, il peut s?avérer dangereux de mettre tous ses ?ufs dans le même panier.
Fabio Marquetty
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