Lafarge : le ciment prend enfin !

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Copyright Reuters (Crédits : Gael Vautrin)
Le numéro un mondial du ciment caracole en tête des plus fortes hausses du CAC 40 aujourd'hui à la faveur de recommandations positives. Cette résurrection boursière entamée il y a un peu moins d'un mois tient à un mouvement plus large en faveur des cycliques.

Cela faisait longtemps que l?on a avait pas vu l?action Lafarge caracoler en tête du CAC 40 ! Il faut se pincer pour le croire. Il y a encore quelques mois l?action était « has been ». Le groupe aussi : trop endetté, trop exposé à l?instabilité en Egypte et au Moyen-Orient, trop susceptible de passé en « junk bond », trop risqué, trop tout ? Mais les alizés des marchés sont très changeants. Et comme les investisseurs métronomes ont coutume de faire par cycle régulier, ils encensent aujourd?hui ce qu?ils ont brûlé hier et vice versa. Désormais Lafarge est réhabilité, laver de toutes les tares qu?il pouvait encore cumuler hier. Et pourtant, rien a changé. A près de 16 milliards d?euros, sa dette reste ce qu?elle est : protubérante. Et ce n?est pas les rumeurs entourant la vente de plus en plus imminente de la branche plâtre qui va changer la donne. Le milliard d?euros que le groupe va tirer de cette opération ne va en effet pas lui permettre de se délester du poids de sa dette.

Pourtant la métamorphose boursière est là ! Le titre s?est adjugé ce jour en séance jusqu?à 3,25 % et porte désormais à 11,4 % sa progression sur un mois. Une véritable résurrection ! Qui tient aujourd?hui a des recommandations positives. Goldman Sachs est en effet passé à l?achat sur le titre et l?a intégré dans sa liste de valeurs européennes préférées à l?achat. Surtout, la banque a considérablement relevé son objectif de cours de 45,6 à 70,6 euros. Il faut dire qu?à la faveur d?une économie mondiale qui tourne comme sur des roulettes, les perspectives tendent à s?améliorer dans le secteur de la construction. Début mars, Moody?s relevait la perspective du secteur des matériaux de construction de « négative » à « stable » en raison notamment d?une hausse graduelle anticipée des volumes en 2011.

Mais cela n?explique pas précisément comment le marché a pu retourner sa veste aussi rapidement sur le sujet Lafarge. L?explication est plus globale. Le retour en grâce de la valeur est plutôt le signe d?un retour des investisseurs sur les valeurs cycliques en générale, ce après le grand bazar sectoriel du début d?année. Le regain d?intérêt pour le numéro un mondial du ciment est à mettre au même niveau que le rebond d?autres valeurs cycliques. Preuve de ce phénomène sur les cinq dernière séance, les plus fortes progressions du CAC 40 se nomment, LVMH, Michelin, Peugeot, Schneider Electric, Saint Gobain, Lafarge et Air Liquide ... Emporté par le mouvement de rattrapage sur les cycliques, Lafarge est d?autant plus recherché qu?à 13,4 fois ses bénéfices estimés sur 2011, le titre ne se paie pas cher en Bourse au regard du ratio de 15,5 affiché par l?ensemble du secteur.

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Commentaires
a écrit le 02/05/2011 à 6:28 :
C'est un pur hasard, il se trouve qu'Oscar Fanjul Martin est Director de Lafarge Canada, patron du Comité de rémunération, de gouvernance et de nomination de Lafarge Groupe. Mais il est aussi International advisor de Goldman Sachs.
Quand on a un dette de cette taille on se cherche des appuis capables de restructurer cette dette. Ca fait un beau mandat. Une recommandation à 70 euros ca ne coute rien à publier mais ca peut rapporter gros.

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